El Didou

Publié le 22 Août 2009

 « Tu as perdu. Ca c’est le truc que tu devais gagner, je le garde. ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment débuter la présentation d’El Didou ? Pas évident tellement la personnalité de ce présentateur de Game One à la belle époque est atypique. Car oui il s’agit bien d’un autre présentateur de la chaîne du satellite. La même qui aura produit Marcus. Mais El Didou, c’est en quelque sorte l’Antéchrist, l’opposé de Marcus.

 

 

D’abord il convient de préciser que s’il a officié sur Game One ce n’était pas pour parler de jeux vidéo. El Didou a présenté deux émissions majeures : @GameOne et le Dawa. La première émission remonte aux débuts de la chaîne, la deuxième plutôt vers la fin de sa première période, suite à laquelle nombre d’animateurs ont quitté le navire. De son vrai nom Guillaume Lassale, El Didou avait la particularité d’être un électron libre même au sein d’une chaîne amateur. Là où les autres servaient leur émission, lui l'utilisait comme un espace personnel de liberté qu’il s’appropriait avec moins de respect pour les contraintes que ses collègues. Cela donnait de véritables OVNI audiovisuels durant lesquels tout pouvait se passer. D’ailleurs, le concept original du Dawa était de ne pas avoir de concept. Une ou deux idées étaient posées, mais le Dawa était littéralement du temps d’antenne accordé à la célébrité assise sur un banc sans décor. Dans cette émission c’est le réalisateur qui suivait Didou et non l’inverse.

 

« Vous ne comprenez rien, c’est normal, c’est le Dawa. »

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi donc comparer cet homme à Marcus ? Parce que si Marcus, c’est l'enfance et la bonne humeur, Didou, c’est l’adolescence, le cynisme et une humeur de porc. C’est en effet avec une lassitude affichée qu’il procède à un véritable festival d’humour noir, de moqueries visant les téléspectateurs et l’équipe technique, d’insultes voire de menaces à peine voilées et de critiques aussi féroces qu’inattendues. Toujours en restant dans un style raffiné, sans jamais devenir grossier ou vulgaire et sans jamais perdre son flegme. Même les rares invités en prenaient pour leur grade, de façon plus ou moins méchante et suffisamment subtilement pour que ceux-ci ne se rendent parfois compte de rien. L’exemple le plus flagrant étant ces trois jeunes gens tenant un site sur le Loft de M6 et ayant vaguement réussi à entrer dans ledit édifice. On ne sait d’ailleurs pas trop exactement ce qu’il s’est passé même si je les soupçonne d’avoir réussi à rester une dizaine de secondes dans le hall d’entrée avant de se faire frapper par la sécurité. Ce qui est hilarant dans l’émission c’est la désinvolture avec laquelle le sieur Lassale, lui-même détestant le Loft, parvient à violemment critiquer la stupidité de l’acte et de la fierté surfaite qu’ils en tiraient sans que ceux-ci ne perdent leur sourire face à la caméra. Un autre moment fantastique lorsqu’un pilier de la chaîne annonce un documentaire et que le Didou lance la vidéo en précisant qu’il s’agissait d’un documentaire « monstrueux ». Cette phrase, le ton employé est la personnification de l’ironie, dont Voltaire lui-même aurait pu s'inspirer.

 

"Regardez la pub, c'est important. Surtout qu'il paraît qu'elle est super cette fois."

 

Du coup, le Didou, on l’adorait ou on le détestait. Et souvent, les deux. Il l’annonçait lui-même au lancement de ses émissions : « D’abord vous allez détester puis dans trois semaines vous allez adorer ». C’était vrai. J’avais détesté le Dawa quand je l’ai découvert étant petit. Puis je l’ai redécouvert, et je suis devenu fan. Hélas à ce moment-là l’émission s’arrêtait. La vie est mal faite.

 

« On aimerait bien t’envoyer une console, on s’était dit que le premier qui nous demanderait une console sans participer au jeu on lui enverrait, mais toi tu n’as pas laissé ton adresse, c’est dommage ! »

 

El Didou c’est aussi un sens de l’improvisation poussé à l’extrême. Prenons le jeu de la « photo mystère », un jeu très à la vogue dans les années 90 dont vous connaissez certainement le principe (une photo était très floutée ou pixélisée et il fallait dire de quoi il s’agissait). Dans une émission, celle-ci tombe en panne. Pas de problème ! Notre homme trouve dans son décor un papier-bulle géant, recouvre sa co-présentatrice avec et demande très sérieusement au joueur de trouver qui se cache dessous. Le joueur, incrédule, donne bien entendu la bonne réponse et, sous la surprise générale… gagne, Didou lui accorde donc une Playstation 2. Sans rire, il faut avoir des balls pour faire un tel pied de nez à sa propre chaîne. Autre moment d’anthologie : quand enfin les deux cadors de Game One sont rassemblés lors d’un Level One où Marcus invite El Didou à tester un jeu et durant lequel Marc Lacombe s’effondre de rire face à un Guillaume Lassale déchaîné.On retrouve un extrait de la vidéo ici.

 

La photo mystère n’est pas la seule provocation de Didou qui devient parfois très gentil avec ses téléspectateurs qui participent à des quizz en leur donnant l’air de rien la bonne réponse. Il rappelle aussi à sa chaîne l’annulation amère de sa précédente émission lors d’un lapsus dont on peut douter qu’il soit authentique.

 

« Tu peux gagner un jeu, des goodies, ou cette magnifique veste. Enfin cette veste. Soyons honnêtes ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A titre d'information : pour co-présenter l’émission l’équipe a fait appelle à une comédienne nommée Anne-Lise qui était aussi belle que Didou était fourbe. D'ailleurs je garde les proportions de la photo ci-contre intactes même si ça met la mise en page en l'air. Si celle-ci n’a pas laissée vraiment sa marque dans les souvenirs c’est certainement à tort, occultée à l’époque par la seule autre présentatrice femme de la chaîne, plus garçon manquée et portée sur les jeux vidéos et ayant une place plus importante dans Game One. Trouver sa place à coté du Maître et lui tenir tête est un gros challenge, et Anne-Lise s'en tire plutôt bien, surtout sur la fin où elle devient même très attachante.

 

 

En somme El Didou c’est une tête brûlée. Une sorte de loup solitaire qu’on n’apprivoise pas même en essayant beaucoup. Des fans de GameOne n’hésitent pas à le qualifier comme « l’esprit d’indépendance » de la chaîne. Si son départ n’a pas été autant médiatisé que celui de Marcus il est tout aussi fort et symbolique. Une sommité.

 

Aude, tu nous a dit dans ton message qu'on pouvait t'appeler vingt-quatre heures sur vingt-quatre, tu vas le regretter.

 


Les citations ponctuant l'article sont toutes d'El Didou et sont tirés de la 2e et la 3e émission du Dawa.

Rédigé par Youe

Publié dans #Magister dixit

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El vivi 06/06/2013 00:17

El Didou, le meilleur tout simplement

Xim Axinn 04/03/2013 14:27

Même si ça date: un homme qui fait un article à la gloire de Didou et un autre sur Doug Walker ne peut être qu'un homme de bon goût. ;)

Youe 04/03/2013 17:03



Et ça fait toujours très plaisir de voir des fans de l'un des deux, alors des deux en même temps !



Zel 04/01/2012 22:46

Huhu! quelqu'un à linké ton article sur le groupe El Didou de FB, donc voilà f^^

DG 04/01/2012 16:00

Haha la vache, je vois "nouveau comme sur l'article de Didou", évidemment il faut que ce soit Zel :p
Je reuploaderai l'épisode spécial avec Didou début mars, pour les 1 an! Ah les bananes..

Zel 04/01/2012 14:33

"Même les rares invités en prenaient pour leur grade": ah mais non, avec moi il a été absolument impeccable :3