Nostalgia Critic

Publié le 29 Août 2009

Vous vous souvenez de l’Angry Video Game Nerd ? Je pensais avoir découvert une sorte de phénomène internet, quelqu’un indétrônable dans son genre. Jusqu’à ce qu’un drôle de type à lunettes en casquette noire et cravate rouge fasse irruption dans un coin de mon navigateur.

 

Hello, I’m the Nostalgia Critic, I remember it so you don’t have to !

 

Ce gars est puissant. C’est le plus puissant personnage d’internet toute catégorie confondue. Il a tout. Il est merveilleux. Je veux qu’il me fasse un enfant. Plusieurs même.

 

La base est simple. Tout comme le Nerd dont j’ai déjà parlé, le Critic parle surtout d’éléments du passé. Mais son rayon à lui, c’est le petit écran, les films et dessins animés. Doug Walker va nous accompagner chaque semaine pendant une quinzaine de minutes en moyenne pour regarder un film. Et, bien entendu, réagir. Mais là où le Nerd était finalement assez pauvre en expressions faciales et en tonalités de voix quand il ne s’agit pas de colère ou de haine, le Critic explose n’importe quel concurrent. Hé, le type est un ténor, après tout. Mimiques, nuances, timbre, grimaces, exagération, le personnage à lui tout seul est un spectacle. Et il pourrait s’arrêter là, mais il a aussi ce génie du comique à tel point qu’il semble maîtriser toutes les cordes.

 

J’ai volontairement évité de dire que le Critic présente un film. Il interagit avec ce dernier qui devient lui-même une sorte de personnage étrange, répondant via les dialogues de ses acteurs à Doug, reconnaissant parfois ses erreurs, ou essayant de blesser moralement et/ou physiquement celui qui le critique avec tant de véhémence.

 

Et la voix, il n’en manque pas. Et les seules choses capables d’égaler ce don sont ses expressions. Quand il suffit de regarder une image pendant une seconde pour comprendre tout le ressenti de celui qu’on a en face de soi, on appelle ça du génie. La joie, l’illumination, la haine, la frustration, le « Oh my god what the fuck is that », tout est reconnaissable au premier coup d’œil. Il trouve les mots justes. Il trouve les positions justes. Il trouve le timing parfait. C’est un dieu.  Et comme pour prouver que sa voix n’est qu’un accessoire comme un autre, il consacre un épisode entier sans émettre le moindre son de sa bouche. Et ça reste fantastique, l’épisode est une merveille.

 

Nous accompagnons donc ce génie pendant un montage de film standard à la fois très posé et très dynamique. De ce fait même ses plus longues vidéos (une vingtaine de minutes) semblent être très courtes.  Au fil des épisodes des mimiques caractéristiques deviennent récurrentes. Prenez par exemple l’image de M.Bison de Street Fighter qui hurle dramatiquement OF COURSE dès que le Critic annonce le projet fort original du méchant-cliché de son film qui est de conquérir le monde. Ou encore cette façon de mimer parodiquement un mauvais acteur et d’articuler péniblement et sans conviction « I’M ACTING ! » quand il est en face d’un passage particulièrement mal joué. Ou encore cette fameuse expression heureuse, sourire béant : « YOU KNOW, FOR KIDS ! » dès qu’une scène atroce apparaît dans un film pour enfants.

 

En fait, il est tellement bon que même les classiques "Top 10" (qui sont des Top 11 car il aime aller un pas plus loin) d'ordinaire d'un ennui terrible quand on les regarde sur Youtube sont des réussites totales. Et il ne s'agit pas toujours de vidéos satyriques ou comiques. Le Critic n'est pas toujours négatif. Parfois, c'est juste très intéressant.

 


Nostalgia Critic : Review de Batman et Robins

 

Si Doug Walker et son Nostalgia Critic se suffisent largement à eux-mêmes, le délire va bien au-délà. Le Critic joue autant avec son film qu’il ne le fait avec lui-même et parfois son public. Par exemple, après avoir entendu une dizaine de fois le « OF COURSE » cité plus haut, Doug, pour la onzième fois, nous regardera d’un air nonchalant en nous expliquant que non, il ne la fera pas, il est fatigué de cette blague stupide. AH ! Autre arc sympathique, la recherche de la Nostalgia Chick, pendant féminin du Critic. Et je garde le meilleur pour la fin : un véritable cross-over géant avec… L’Angry Video Game Nerd, débouchant sur une véritable guerre pour savoir qui est le meilleur, ce qui donnera lieu à des défis improbables et de véritables bastons à plus ou moins grandes échelles pour le plus grand plaisir des fans de l’un comme de l’autre, qui sont devenus par cette occasion fan des deux. Cette vendetta, tellement bien mise en scène que certains au début y ont cru, est devenue mythique. Et je dis mythique parce que tout le reste est déjà culte.

 

Comme si ça ne suffisait pas, Doug incarne d’autres personnages. Le premier est un clochard à bonnet bleu mal coiffé, qui décrit pendant quelques minutes ses pensées sur les films qui viennent de sortir. Contrairement au Critic donc, qui préfère les vieux films. Toujours à l’opposé de son autre personnage, Doug est cette fois-ci d’un enthousiaste qui fait très peur, surexcité, parlant toujours du film proposé comme du meilleur film qu’il n’ai jamais vu. Sauf que cet enthousiasme révèle autant les failles d’un film qu’une critique plus acerbe. Enfin, un troisième personnage, qui dispute plus la vedette au Nostalgia Critic, est le « Guy with the Glasses » lui-même. Peignoir bleu, pipe, bibliothèque, gros livre, snob, le Guy est clairement aristocrate. Il parle de manière calme et précieuse. Il nous accueille toujours de la même façon sur le même air de musique classique : « Oh, désolé je ne vous ai pas vu venir. Bienvenue chez Ce type à lunettes ». Le principe est complètement différent puisqu’il s’agit de répondre aux questions (posées en voix-off) de ses fans. Les questions semblent dans un premier temps complètement dérangées, mais on s’aperçoit très vite que le Guy l'est encore plus. Un gros psychopathe. C’est le Démon. Au secours. Aidez-moi. Pour être franc, je n’ai même pas cherché à proposer un extrait en particulier puisque tous sont complètement fous. Même le Nostalgia Critic, le temps d’un épisode, est pris par surprise en train de lorgner sur les livres du Guy et se charge d’écouter les questions habituellement réservées à That Guy. Et même lui est choqué.

 


AskThatGuy

En fait, je me suis trompé. Doug Walker n’est pas un de mes Maîtres à penser, c’est l’un de mes dieux. Quand on regarde l’humanité, on s’aperçoit que des millions de gens comme moi n’ont aucune qualité particulière. Au début on ne comprend pas. Puis on découvre Doug. Et on pige qu’en fait s’il y a tant de personnes insipides, c’est pour maintenir la balance contre le talent astronomique de ce type. Et en plus, c’est un féru de travail. il suffit d’aller sur son site pour être étouffé par toutes ses créations. C’est une honte.

 

Ah par contre c’est un américain. Donc si vous ne parlez pas anglais, je m’en fous. Vous apprenez. Vite. Et vous devenez fan. S’il y a une seule motivation pour apprendre l’anglais de votre vivant c’est celle-là.

 


Lien vers le site du Critic : ici

Rédigé par Youe

Publié dans #Magister dixit

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Concombre Masqué 02/09/2009 16:09

Ah Génial. Merci de répandre la bonne parole, même si effectivement le truc s'est répandu en France assez récemment, tu y contribues avec un certain brio je dois dire ^^

Youe 03/09/2009 12:59


Merci, j'ai vu réçemment aussi que t'avais fait un article là-dessus (d'ailleurs c'est plutôt bien pensé d'avoir réuni l'AVGN et le NC).

Neeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeerd !