Soul Eater, première partie

Publié le 28 Septembre 2009



Comme je l'ai déjà dis précédemment, je ne suis plus un grand fan d’anime japonais. J’ai su apprécier beaucoup d’œuvres mais sans en chercher forcément les sens ou les codes. C’est dans ce contexte que j’ai lu l’article du Concombre sur Soul Eater et qu’un ami m’a confirmé que c’était un animé qu’il était bien. J’avais donc un a priori très positif. Et après avoir vu, disons, les trois quarts de l’anime… J’avoue en ressortir avec une première impression… mitigée.

Clairement il y a des bonnes choses. Et on le constate dès le générique d’ouverture qui, s’il n’atteint pas un niveau exceptionnel, montre déjà deux ou trois détails qui accrochent : la cité de la mort a un attrait fou, le design n’est pas exceptionnel mais est d’une simplicité efficace, les différents protagonistes ont des styles bien différents et il semble évident qu’on aura droit au symptôme X-men, à savoir pouvoir choisir entre plusieurs héros lequel on préfère. Et de suite on en repère des… mmh… intéressants.

Par contre dès ce générique on aura aussi un aperçu des douleurs si typiques que les mangas et autres japanimes aiment nous infliger : le fan-service mal servi, les scènes de pique-nique / bains / fêtes qui n’ont aucun lien avec le scénario et ne font pas avancer l’histoire (mais qui permettent de réaliser un épisode de plus facilement), et les presque inévitables mascottes débiles. Enfin, au moins on est prévenu. Seule exception à ces règles pour ma part, le design du dieu de la mort que je trouve inexplicablement attirant. Au-delà de ça, c’est un bon générique standard, avec une musique entraînante et une animation sans faille qu’on ne retrouvera presque jamais dans l’anime. Le Nostalgia Critic m’a bien ouvert les yeux à ce sujet.

En ce qui concerne l’anime lui-même, on peut le scinder en deux. La première moitié est affligeante. La seconde moitié est intéressante. Ca tient à peu en fait, on se demande même si ce n’est pas voulu pas les scénaristes pour récompenser le public le plus patient. Durant la première moitié, on retrouve tout les plus horribles clichés des mangas, l’histoire frôle le zéro, le concept est une repompe totale, les personnages sont tous insupportables. Commençons donc par cette partie-là, la deuxième étant beaucoup moins sujette à ces critiques et j’en parlerais dans un autre article. On va commencer par ce que j’aime le plus dans une œuvre : les personnages. Ici on comprend vite qui sont les héros. Tout démarre en effet par trois épisodes qui nous présentent  en action chacune des trois équipes. Equipe car il s’agit à chaque fois d’un Maître et de son Arme. L’arme étant douée de conscience et prenant forme humaine. Plagiat de Shaman-King ? Mmh. Y’a de ça. Si vous êtes un fan je crains que vous ne grinciez des dents (mais arrêtez c’est mauvais pour l’émail).


Donc, un Maître, une Arme. D’un coté, le duo classique de la fille sage et studieuse accompagné d’un type cool, zen et un peu sanguin, soit le duo absolument improbable qu’on a déjà vu une dizaine de fois. De l’autre coté, le combo de ninja avec un Naruto aux cheveux bleus et une ninja aux gros seins. Et, dernier arrivant, le type méga classe au flegme anglais, qui se révèle être le fils du dieu de la mort. Ses armes sont des cow-girls se transformant en flingue. Top original donc. C'est-à-dire qu’avant même le quatrième épisode on sait tous comment vont évoluer et finir les héros, on prévoit donc vaguement une difficulté entre Maka et Soul qui va se résoudre dans l’amitié et/ou l’amour, le ninja va chercher sa voie durant tout le long pour finir par la trouver au dernier moment et devenir surpuissant, et l’aristocrate va devoir apprendre la valeur des autres pour bien travailler en équipe. Et après avoir vu une bonne partie de la chose… ce n’est pas exactement ça. Mais ce n’est pas loin non plus d’être exact.

Durant ces premiers épisodes donc on nous apprend ce que font ces personnages : ils sont des élèves de l’école du dieu de la mort et chassent des monstres. Enfin leurs âmes, qui sont des rejetons de démon. Le but est de collecter cent âmes (Attrapez-les tous ! Pokémon !), quatre vingt-dix neuf de monstre et une de sorcière. Ainsi l’arme qui avale au sens propre ces âmes deviendra une Death Scythe au sens figuré, une sorte d’évolution vers une super-arme. Et le Maître et bien… il devient encore plus cool. Donc, 99 monstres, 1 sorcière. Retenez bien le concept, c’est important, ça vous servira au moins pendant une dizaine d’épisode, suite à quoi vous pourrez tout oublier puisqu’on en reparlera plus jamais. La première sorcière qu’on voit permet, outre d’insérer du fan-service dès le premier épisode car même les sorcières doivent prendre leur bain, de nous semer un doute : pourquoi chasser les sorcières ? Celle-ci ne demandait rien à personne, a l’air bien sympa, et ne fait pas de mal ? Ah mais ce n’est pas une sorcière c’est juste un chat qui se transforme en sorcière. LOGIQUE ! Enfin on s’en fiche elle a des gros seins et elle fait du charme. Les vraies sorcières par la suite ne feront aucun doute sur leur méchanceté.

Outre l’originalité surprenante des personnages, la première partie de Soul Eater fait preuve d’un humour subtil, puissant, ravageur. Les scénaristes ont en effet eu la bonne idée de donner quelques défauts à leurs héros. Par exemple, le père de Maka souffre d’un léger complexe parental puisque son héroïne de fille ne l’aime pas. Le ninja Black Star est très égocentrique et très bruyant. Et, mon défaut préféré, Death the Kid est obsessionnel-compulsif avec le thème de la symétrie. Ces défauts sont d’excellentes idées. Mais là où on aurait pu avoir des gags discrets et percutants, on a droit… à de l’humour japonais. En gros pour chaque personnage vous aurez des scènes de plusieurs minutes mal dessinées qui nous hurlent que c’est un moment LOL MDR REGARDEZ COMMENT IL EST DROLE AHAHAH IL BOUGE DANS TOUT LES SENS ET IL CRIE AHAH. Bref. C’est exaspérant et pourtant je ne suis pas spécialement réfractaire à cet humour, ça existe dans tout les animes pratiquement mais généralement c’est suffisamment courts pour suivre la fluidité de l’ensemble. Là c’est juste trop. D’autant qu’on y a le droit pour chaque personnage présentant un petit défaut et il y en a beaucoup. Mention spéciale tout de même au père de Maka, à Black Star et au Kid qui m’ont fait utiliser l’avance rapide plusieurs fois.

L'image qui se légende elle-même, j'aime.

Bon, l’humour n’est pas toujours très au point, qu’en est-il des bastons ? Des scènes d’adrénaline, des moments forts, des drames ? Hé bien c’est inégal. Dans l’ensemble les scènes de bataille sont bonnes, merci aux styles très différents des héros et de leur classe naturelle. Et ça va de mieux en mieux à mesure que l’anime progresse même s’il y a une odeur tenace de Dragon Ball Z et de sentaï. FUSION DES AMES ! MAINTENANT FUSION DES AMES EN EQUIPE ! GO GO POWER RANGERS ! Mais c’est chipoter car ça ne trouble pas le rythme (contrairement à ces fichus scènes se voulant drôles, rah).

Dommage par contre qu’il n’y ai pas de moments de vrai peur. Je parle de ces moments où l’on craint pour le héros. Vous savez, quand l’épisode se termine sur le protagoniste en sang, allongé par terre, sans bouger, avec son ou sa partenaire qui hurle son nom pour le réveiller. Alors déjà il va falloir vous y faire très vite parce que c’est très récurrent. Tellement que passé quelques-uns de ces drames on finit par ne plus du tout craindre pour la vie ou la santé des personnages. Les types survivent à tout. Une balle dans la tête, une faux dans le cœur ? Pas de problème. Même s’ils perdent six litres de sang, ce n’est pas grave, les transfusions font des miracles.

C’est dommage. C’est encore plus dommage que la moitié du temps ce n’est pas détaillé et finalement ça nous va bien, mais que l’autre moitié du temps les japonais nous abreuvent d’explications mystico-tordues dont eux seuls ont le secret. Parce que si Black Star a survécu c’est parce qu’il a utilisé sa force d’âme comme bouclier mais que ça na pas suffit mais comme il a fusionné avec la shinobi aux gros seins (je l’envie) et bien ça lui a permit d’améliorer son Ki qui a augmenté sa force vitale et puis… Avance rapide… Et finalement il a survécu et même il est plus fort. Aah, bon, on est rassuré. Si tout ces discours étaient cohérents, un poil plus compréhensibles et permettaient de mieux connaître les personnalités, pourquoi pas, mais dans deux cas sur trois ce n’est pas le cas. A quoi bon alors ?

Alors, j’exagère le trait. Comme d’habitude d’ailleurs. Par exemple, il y a, même dans cette première partie, des pointes d’humour qui ne durent pas des heures et qui sont très drôles. Je pense par exemple à la première tentative de la technique spéciale de Maka ou bien du combat Kid / Momie. Mais ces bons moments sont tellement noyés dans la médiocrité de l’ensemble qu’ils passent presque inaperçus. Fort heureusement, les scènes de bataille sont vraiment chouettes, et au fur et à mesure l’anime se bonifie, de nouveaux personnages font leurs apparitions, le potentiel se développe. Mais les bons cotés de Soul Eater, enfin en tout cas ceux que j'ai vraiment aimé, j’en parlerais dans un deuxième article, histoire de pas faire trop long. Et pour patienter, le premier opening !


Rédigé par Youe

Publié dans #Ars artis

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Concombre masqué 30/09/2009 02:49


Excalibur, une mascotte? BAKA ME! Sa légende commence au douzième siècle!

Curieusement, je trouve que l'opening est moins bien animé que le reste... mais ça fait plaisir de lire quelque chose de mesuré. Je vais pas contre attaquer sur ce que tu as dit, c'est ta vision
des choses ;) mais bien joué.


Youe 30/09/2009 10:49


Fool ! L'important ne réside pas là. La légende a d'ailleurs commencé un mardi. Ou était-ce un mercredi comme aujourd'hui ?