Soul Eater, seconde partie.

Publié le 30 Septembre 2009

Après une première partie montrant Soul Eater sous un assez mauvais jour on va maintenant passer à quelque chose d’un peu plus gai, à savoir comment la deuxième moitié de l’histoire réhabilite quelque peu la première. Et pour ça on va reprendre le même schéma que le précédent article : personnages, univers et mimiques, scénario, batailles, et autres subtilités.

 

Et pour cela donc on va reprendre depuis le générique. Je vous avais parlé de personnages qui attiraient l’œil immédiatement. Enfin, ils attirent tous l’œil, même Maka qui est pourtant la plus banale. Mais quand vous voyez ça :

 

 

Hé bien vous savez que vous allez les aimer et qu’ils vont être intéressants. Et vous êtes déçus quand vous les voyez torchés. Alors vous prenez votre mal en patience car bon sang, des personnages au tel potentiel c’est impossible de les rater. Et vous êtes récompensés car effectivement la deuxième partie se concentre un peu plus sur eux, prend le temps de les développer, et même quand le développement est prévisible il est tellement bien mis en scène que ça en reste parfait. Entre un mystérieux Shinigami qui dévoile un peu son passé, une Medusa machiavélique qui tient à elle seule le scénario pendant longtemps, et un Stein fantastique dans son rôle déjà suggéré de déviant, tout d’un coup tout les rôles secondaires brillent. Seule petite déception pour Crona de qui j’attendais énormément et qui est juste très, très bon. Mais j’en attendais trop je crois, étant donné la construction du personnage et de son arme, et que c'est un peu grâce à elle que j'ai survécu au début de Soul Eater. Aussi, on a droit à une reprise intelligente de personnages que l’on croyait n’être que des « one-shot » de la première partie. Woaw.


S’additionne à cela d’autres rôles plus ou moins importants et récurrents et plus ou moins bien amenés et utilisés. Une inégalité là encore donc, mais parmi les nouveaux quelques-uns sortent du lot et parfois pas les plus attendus, donc c’est un bon bonus.UN bonus qui, comme tout le reste du casting de Soul Eater, pue la classe.

 

Et au moment où l’on est sur le point d’abandonner purement et simplement le trio de protagonistes pour se focaliser sur les rôles secondaires, voilà que ceux-ci deviennent eux aussi  profonds. Finis les irritants passages de dix minutes pendant lesquelles on les entendra crier partout pour rien. Finis les moments naïfs où la force de l’amitié surpasse tout. Enfin on obtient des réflexions intéressantes et des révélations inattendues et/ou bien menées. Même les ninjas deviennent attachants et sont même ceux qui évoluent le plus ! La grande surprise en ce qui me concerne venant du personnage à priori insipide de Soul qui devient l’un des plus intéressants de l’anime. Ca ne signifie pas qu’on délaisse leur coté humoristique, mais ceux-ci deviennent plus rares et souvent moins voyants – et du coup, plus efficaces, comme lorsque Kid est incapable de mener à bien une mission d’espionnage car dérangé par l’asymétrie de l’environnement qui l’entoure.

 

Aah, Crona...

 

L’univers est l’élément qui me gêne dans mon analyse en deux temps puisqu’il est bien mieux présenté en première partie. Toujours présent dans la deuxième bien sûr mais la surprise de la découverte est alors passée. Juste, l’école de la mort et encore plus la cité de la mort sont des merveilles d’univers gothico-dérangés. Je suis amoureux du soleil et de la lune. Tout ça me rappelle un peu l’imagination d’un certain Tim Burton.  Le reste du monde est inégale mais avec une attention particulière portée aux endroits imaginaires. Bref en dehors de la cité de la mort, ce n’est pas exceptionnel, mais c’est correct voire bon.

 

Autre bonne chose, les auteurs se souviennent enfin qu’ils ont un scénario. La trame principale est un classique, mais les quelques intrigues qui tournent autour surprennent. Ainsi on ne tombera pas de son siège en constatant le manichéisme du bon Dieu contre le mauvais Démon. Avec un boss de fin de niveau bien comme il faut et plusieurs étapes avant d’arriver à lui. Sauf que si le monde de Soul Eater est manichéiste, il n’est pas pour autant parfaitement divisé en deux. Si auparavant nous avions l’école de la mort contre les monstres et des sorcières sans lien entre elles, on se retrouve peu à peu avec une organisation appelée Arachnophobia, l’école, et Medusa. Et encore on sent un background encore plus étoffé derrière avec, hélas peu expliqués, un cercle de sorcières, l’existence d’armes démoniaques, d’objets infernaux, de Death Scythes à travers le monde. Et surtout, le sang noir, véritable charnière permettant d’articuler les différentes lignes du scénario avec brio. Ah ! Ca change du début et de la collecte d’âmes. En outre, les motivations des méchants ne sont pas de détruire le monde, ça fait plaisir.

 

Dans la narration, ça change aussi, puisque les épisodes ne sont plus centrés sur un seul protagoniste. Il y a trop de sujets à gérer pour cela, et c’est tant mieux. On alternera ainsi entre les différentes quêtes, à différents niveaux d’importance, de quoi se rafaîchir l’esprit.

 

Je n’ai pas grand-chose à redire sur les batailles puisqu’elles étaient déjà excellentes au début. Ici, non seulement les batailles restent de la même qualité, mais elles sont aussi psychologiques que physiques. Et les métaphores utilisées pour les montrer sont toutes de haut niveau. La salle de piano de Soul, l’île déserte de Crona sont claires et belles, et font aisément partie de mes moments préférés. Lorsqu’on explore l’esprit ou les âmes, on entre toujours dans un monde bizarre et cohérent à la fois, dégageant la même sensation que celles qu’on peut avoir dans un rêve. C’est parfait.

 

Masterpiece.


En somme, et parce que je veux faire pas trop long, Soul Eater est insupportable au début mais pleinement satisfaisant si l’on parvient à rester dans l’histoire. Des personnages développés, dont les aventures se situent à des niveaux autant métaphysiques qu’humains, une histoire classique avec malgré tout l’une ou l’autre variation bienvenues, des batailles qu’on regarde une fois, deux fois, trois fois sans peine… on regrette autant que la fin soit un peu précipité que le début était si lent. Je ne suis donc pas d’accord avec les fans qui le considèrent comme l’anime de ce siècle, même loin de là, en revanche on tient là quelque chose qui témoigne d’une maturité grandissante de Square Enix en matière d’anime. Allez, on pardonne le désastreux début.

 

Ah, et au fait, rien à voir mais qu’est ce qu’ils ont tous à vouloir nous faire planer un doute sur le genre de Crona ? Ils nous prennent pour des imbéciles ? Parce que les pleurs répétées, les cheveux roses, la robe, la dégaine anorexique mais avec les hanches correctes, ça suffit pas ? Vous avez déjà vu un personnage d’anime masculin correct à qui on fait des blagues perverses ? Et pour finir, si ce dessin vous évoque un homme, euh, comment dire…

Rédigé par Youe

Publié dans #Ars artis

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