Alexandre Astier

Publié le 24 Mai 2010

Astier-2Cet article est désespérément éparse et mal constitué, vous êtes prévenus. Il est extrêmement difficile de dire pourquoi on prend modèle sur telle ou telle personne. Encore plus lorsque celle-ci n’est pas fictive car les personnages réels sont évidemment plus complexes. Et c'est pire lorsque ledit modèle nous inspire sur plusieurs façettes de sa personalité. Expliquer pourquoi j'adore Alexandre Astier est donc un exercice risqué.

 

Le comédien est connu pour être celui qu'on appelle parfois le « papa de Kaamelott ». Ce qui signifie quand on lit entre les lignes un travail titanesque, la série étant à mes yeux l’une, sinon la meilleure des séries françaises en termes aussi bien narratifs, de jeu d’acteur, et de réalisation. Kaamelott se moque de beaucoup de choses, mais jamais de son public.

 

Que le sieur Astier aime ou pas cette dénomination paternelle, elle révèle un fait important car finalement de moins en moins courant : il a mené la table ronde de ses chevaliers pratiquement de A à Z, supervisant au maximum les moindres détails. C’est cet aspect à la fois planificateur et perfectionniste qui m’a intéressé au personnage. Quelqu’un qui assume un tel travail -écrire les dialogues, les adapter, composer les musiques, choisir et diriger les acteurs, être lui-même le protagoniste principal, et produire le bousin- en se laissant une liberté créative de dernière minute est une découverte sans beaucoup de précédents pour moi. Une telle maîtrise est facilement obtenue sur de petits projets personnels ou amateurs, mais réussir ça au niveau professionel sur une grande envergure force le respect. Cette façon de travailler, cette capacité d’avoir en tête un projet complet, entier, et de parvenir à le concrétiser… Fascinant.

 

Et plus je m’intéresse à Kaamelott et à son « papa », plus le personnage m’intrigue. Enchaînant interviews sur interviews qui traînent ici et là sur ce grand marché ouvert qu’est Internet, je glane finalement moins d’informations sur l’œuvre que sur le maître. Non seulement subjugué de voir, donc, quelqu’un savoir encore faire quelque chose selon ses idées jusqu’au bout, mais derrière le réalisateur, l’homme lui-même possède des qualités que j’envie tellement.

 

La première impression qui ressort de n’importe laquelle de ses discussions est une grande clarté de diction. Le roi des bretons vient d’une famille de comédiens, et ça s’entend. Une voix claire, des intonations qui portent justes, une articulation parfaite, un vocabulaire riche. Son élocution m'hypnotise, je suis certain qu'il pourrait me parler de la non-corrélation de la taille de poil des loutres par rapport à l'économie sud-africaine que je serais comme un gosse écoutant son histoire avant de s'endormir. Mais non, il se paie aussi le luxe de toujours être intéressant et d’apporter des réparties construites, répondant toujours de façon très directe au sujet posé tout en amenant une voire plusieurs ouvertures. Damn. La deuxième chose qui frappe, c’est sa sincérité et sa gentillesse. Réponses franches, sans détours, sans jamais de méchanceté. Et quand il doit allumer quelqu’un, il le fait en face. Dernière impression immédiate, sa modestie. Qualité perdue de plus en plus, Astier est conscient de ce qu’il fait, de ses fans, mais garde la tête solidement posée sur ses épaules et ne monte jamais plus haut… que ne lui permettent les planches de la scène. Le travail qu'il réalise n'est pas mis en avant et on l'apprends essentiellement grâce aux journalsites ou à sa famille. Pourtant, quand il parle de la fin de sa série et de sa suite au cinéma, il annonce clairement qu'il ne se cache pas vouloir "péter plus haut que con cul, parce que lorsqu'on parle de cinéma, c'est pour péter plus haut que son cul, sinon ça n'en vaut pas la peine". Avec un sourire d'enfant amusé se délectant déjà de jouer à son prochain jeu. Et puis on lui reparle de Kaamelott, et on a l'impression de discuter avec un projet de fin d'année. Un projet de fin d'année qui récolte un triple A.

 

En quelques vidéos de lui, trois aspects que, diable, j’aimerais bien travailler sur moi-même.

 

Mais ça ne pouvait pas être tout. Cette attraction ne pouvait pas venir simplement de ses saillies talentueuses. Cela m’est venu lentement, mais j’ai remarqué qu’il y avait quelque chose relevant de l’affectif. Un coté affectif enfantin qui transpire par tout les pores de mes précédents paragraphes. Le grand roy est attachant, et pas seulement en raison d’un charisme naturel qui n’est finalement pas stratosphérique. Je comprenais peu à peu qu’il était ce que je rêve de devenir : un enfant responsable. Cet homme a beau être un maître contrôlant tout de son œuvre, lorsqu’il parle de son métier, de ce qu’il aime ou quand il répond aux fans, il se transmet une flamme, une petite flammèche d’enthousiasme qui rappelle furieusement un enfant de huit ans racontant le dernier dessin animé qu’il a vu à la télévision. Un enthousiasme qui se transmet, une véritable passion qui passe à travers ses yeux, son sourire, ses paroles et ses gestes.

 

Astier-3

 

Ce n’est donc guère étonnant de le retrouver en guest-star du documentaire « Suck my geek », diffusé sur Canal Plus, où il témoigne aux cotés d’autres célébrités. Je comprends instantanément d’où me vient l’attachement que je lui porte, son analyse de la vogue confirmant d’ailleurs peu ou prou ce que je pense de cette communauté, bien que je sois plus pessimiste quand à son évolution. Ce documentaire visionné, c’est d’une manière plus éclairée que je regarde mes saisons de Kaamelott. Le coté geek que je soupçonnais est donc véridique : cette façon de se moquer de la légende Arthurienne, en la respectant malgré tout, cet humour absurde, parfois débile qui marche à tout les coups. Et la touche de l’artiste, parvenir à jongler entre cet humour et une épopée qui se dessine pour faire évoluer son œuvre. Mais j’en ai déjà parlé. Depuis on le trouve même dans les publicités pour un célèbre Meuporgue.

 

Kaamelott était déjà quelque chose qui m’a marqué, et probablement plus que je ne l’imagine. La particularité de son auteur est le nombre important de domaine dont je cherche à m’inspirer. Et je relis une dernière fois cet article, et ouais, je suis un peu fanboy patent de ce type.

Rédigé par Youe

Publié dans #Magister dixit

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Threedot 01/06/2010 17:00


Je sais pas pourquoi y m'a collé une adresse over blog comme pseudo Oo"


Youe 03/06/2010 21:55



Les forces cosmiques du "Je me suis trompé de champ" sans doute !



threedot.over-blog.com 01/06/2010 16:59


Tu as résumé tout ce que je pensais sur AA.
J'suis presque un peu jaloux, j'aurais aimé avoir le courage d'écrire tout ça avant toi :p


Youe 03/06/2010 21:56



Ah mais rien t'empêche d'écrire ton propre article, y'aura jamais assez d'articles sur Internet concernant le grand roy.



Zoneur 30/05/2010 21:40


Ah, Alexandre Astier. J'ai jamais réussi à suivre un programme à la télé, alors j'ai raté Kaamelott, mais un pote avait la saison qu'on a maté... Wow quoi ! xD Je l'ai achetée, faudra que je la
mate et prenne les autres.
Le sieur Astier m'avait aussi charmé à l'époque, il dégageait vraiment un aspect sympa et agréable bien qu'il jouait le roi un peu cassant. Et encore, j'utilise de l'imparfait, mais je pourrais
mettre du présent :p Bref, tu m'as redonné envie de mater Kaamelott, bravo :p


Youe 31/05/2010 16:43



Pour les trois premières saisons t'a un streaming gratuit et légal. Qualité merdique forcément mais bon moi-même j'avais commencé sur Youtube.


http://www.kaamelott.info/



Darkkeeper 30/05/2010 10:55


Je suis on ne peut plus d'accord avec toi, Alexandre Astier est vraiment un génie. J'adore également son sketch sur la physique quantique et celui où il interprète un professeur de musique.


Petrif' 28/05/2010 18:51


D'ailleurs, j'étais tombé sur un sketch avec Astier et le professeur Rollin, à propos d'un chant de Noël qu'ils allaient interpréter, et c'était un summum d'humour et de tirades alambiquées (et en
plus ils jouaient chacun magnifiquement de leur instrument). Bref j'étais scié ! :o


Youe 29/05/2010 18:36



Ah, el professor Rolin, le roi Loth et ses tirades n'en finissant jamais, ses envolées lyriques se finissant par des citations latines ne voulant rien dire...