Dance, baby, dance !

Publié le 18 Janvier 2010

Comment voit-on que les jeux vidéo passent de plus en plus dans la culture populaire ? Quand les soldes concernent enfin aussi les consoles de salon. En cette période où l’on peut acheter des Xbox 360 ou des Playstation 3 à prix réduit (et se faire bien entuber quand même parce que les prix des jeux ne baissent pas, eux) j’ai décidé de craquer… Et d’acheter, en occasion, Just Dance. Je signe ainsi mon contrat qui stipule que je fais désormais parti des « casuals gamers » détestés de la communauté de plus en plus réduite et aigrie des « hardcores gamers ».

Et en échouant lamentablement sur n’importe quel chorégraphie, je me suis rendu compte que, bien que ne sachant pas aligner deux pas de danse et même pas vraiment « bouger son corps baby yeah » dans la vraie, vie, je compensais ce manque subconscient en acquérant mine de rien plusieurs jeux où remuer ses doigts ne suffit plus à gagner. Pas loin de quatre jeux musicaux, dont trois de danse, en quelques années. Du coup, pourquoi ne parler que de Just Dance ?

STEPMANIA

Mon premier jeu du genre est Stepmania, découvert grâce à des amis. Clone gratuit de Dance Dance Revolution, le principe de jouer avec ses pieds m’attire fortement et je m’aperçois que j’aime les jeux de rythme. Quelques semaines plus tard, j’achète un tapis USB et je débute ce qui va me donner le virus.

Stepmania est donc gratuit au clavier, pas cher avec un tapis (commandé pour une trentaine d’euros), et permet des heures de délire seul ou à plusieurs. Détection impeccable, playlist virtuellement illimitée puisqu’importée des jeux habituels de danse mais aussi de création de fans, scoring intéressant, il est clairement le meilleur de sa catégorie. Son principe en fait un jeu intemporel, qui ne vieillit pas, un gros avantage.

Au début, on galère pas mal, puisqu’il n’est pas du tout inné de diriger ses pattes sur une croix directionnelles posée au sol. On tape souvent à coté, on n’utilise qu’une seule jambe, on se cale au centre du tapis faute de mieux. Putain qu’on est lourd, qu’on est coincé, mais c’est pas possible d’être aussi raide ? Et on rate même le mode facile. Après, on se moque allègrement d’un pote qui fait la même mauvaise performance. Et puis on change de chanson, on s’aperçoit qu’il y a des titres cultes de tout les cotés. Au bout de trois chansons, on fait une pause parce qu’on en peut plus et qu’on n’a pas l’habitude de remuer son petit corps, alors on transpire beaucoup et on découvre que nous aussi on peut sentir fort comme les sportifs, dingue ! Pour pallier à ça, certains n’hésitent pas à se déshabiller, ce qui permet de battre ses adversaires qui sont alors choqués ou envoutés selon le cas et l’orientation sexuelle.

Avec la répétition, on note que les pas sont étudiés pour correspondre à des possibilités d’enchaînement ou de vraies chorégraphies. Et à la fin, après des mois de labeur et plusieurs litres de sueur, VICTOIRE, on réussit à se farcir BIG BOY (the sexy toy !) en mode Hard au tapis. Et là, on domine, on est le mâle alpha. Mais on n’a plus de jambe.

Parfois aussi, sans trop savoir comment on fait, on active des modes de jeu secrets bien sympathiques ! Les flèches disparaitront au milieu de parcours, ou bien se mettront à osciller, voire carrément les deux pour plus de fun. Dans un autre jeu, activer un mode par inadvertance est indésirable, on appuie sur START, on revient au menu principal et on recommence. Mais ici, c’est le domaine des couillus ! On est dans la chanson, on a le rythme dans le sang, on est en feu, alors quand les flèches disparaissent, diable, qui a besoin de flèche de toute façon ?

Bon, Stepmania n’est pas sans inconvénient. Par exemple, pour en profiter vraiment en multi-joueurs, il vous faudra deux tapis, sinon c’est chacun son tour. Ceci dit, le tour de rôle permet de bien percevoir le coté ridicule du corps qui sautille sur place, ce qu’on ne voit pas sur soi-même. Autre problème, si les packs « officiels » téléchargeables et basés sur les jeux licenciés (les packs DDR, les packs mangas etc.) sont irréprochables, beaucoup de pistes solitaires crées par les fans peuvent présenter des soucis de synchronisation, ou tout simplement ne sont pas suffisamment étudiés et ne sont pas amusantes au tapis. Heureusement, les packs sont tellement nombreux que les créations des fans sont un bonus dont on se passe sans problème.

On note aussi que certains fous préfèrent la version clavier, et des packs spéciaux pour ce genre de jeu ont été créés. Ne cherchez pas par-là à moins d’être japonais, coréen, fou ou de la famille de M.Poulpe.


FOF01
Quelques temps après, la série Guitar Heroes se répandait à travers le monde (sauf en Afrique noire et en Antarctique où les enseignes marchandes ont boycotté le jeu pour d’obscures raisons). Alors comme pour Stepmania, je me suis tourné vers un équivalent gratuit, Frets on Fire. Et c’est bien nul. Pourtant ça part du même principe que Stepmania. Le clavier émule la guitare, d’ailleurs c’est particulier de tenir son clavier comme un instrument de musique. Donc dans le principe c’est aussi excellent que le jeu de danse gratuit.

La sauce ne prend cependant pas pour une bonne raison : le succès de Guitar Heroes repose sur l’utilisation d’une guitare factis en plastique. Qui d’ailleurs étaient bien moches à leurs débuts. Pour Frets on Fire, vous utilisez votre clavier. Déjà, vous avez l’air d’un gros blaireau, et c’est quelqu’un qui joue sur un tapis de danse qui vous dit ça. Un blaireau affreusement geek même. Alors on se dit qu’il faut juste acheter une guitare en plastique, comme il a fallu acheter un tapis auparavant. Le problème c’est que ça coûte le prix du jeu original. A ce compte-là, autant donc acheter le jeu. Sans parler du fait que les guitares USB sont plus dures à dénicher que les tapis de danse, même sur les sites d’import.
LAPCRE01Quelques années après, on m’initie aux lapins crétins. Jeux simples et super fun en multi-joueurs, je défonce tout le monde sur le jeu de rythme où il faut battre la wiimote pour jouer d’un instrument. Je ne suis pas emballé, mais il faut le dire : en soirée, on rigole bien.

Alors, plus tard, sur le dernier party-game des lapins, celui avec les parodies des shows télévisés, je découvre qu’ils ont gardés le jeu de musique, mais qu’il y a aussi… un jeu de danse, parodiant la tristement célèbre Star Académie. Avec la wiimote et la poire. Oui, je sais, ça s’appelle un nuntchuk mais je ne sais pas l’écrire. Dubitatif, je lance une chanson. C’est un bel échec, mais la détection est bonne. Je décide de persister. Hey, mais c’est carrément marrant quand on connaît un poil mieux la chanson. Et les réactions des lapins crétins sont simplement magiques. Le joueur deux étant inexistant sur mon premier test solitaire, son lapin crétin, censé le juger, regarde avec un air complètement blasé mon propre lapin, qui lui est tellement emballé par ma prestation qu’il en danse sur son bureau.

Peu à peu, je me prends au jeu, et que je remue les bras, et que je mouline, et que je me jette à gauche, et que je me jette à droite, je bouge mes jambes même si je sais que ça ne sert à rien…  FUN ! Bon, je me prends quand même quelques coups de fils dans la tronche, mais les plus riches auront bien chez eux les poires sans fil. Approuvé en solo, on bouge bien plus qu’avec Stepmania, je me demande juste si les non-initiés prendront du plaisir.

Je crains un peu que la pilule passe mal, alors lors d’une soirée chez moi je ne propose ce mini-jeu qu’en dernier. Et là, surprise, non seulement mes amis se révèlent carrément doués dès la première prise en main, mais en plus le virus passe instantanément ! En une seule partie, même le plus récalcitrant (enfin le plus feignasse) s’amuse ! Chez moi, pas assez de place pour jouer à quatre, seuls trois joueurs peuvent gigoter en même temps. Et là c’est le grand retour de l’effet spectateur moqueur de Stepmania : quand on regarde ses potes bouger en rythme, impossible de ne pas penser aux chorégraphies de Kamel Ouali.

Triple source de poliade : d’abord la tronche des juges lapins crétins qui soit vous trouvent pitoyable et vous lancent un regard qui crie « PEUH, PLEBE ! », soit vous trouve extraordinaire et se déhanche sur leur table. On a aussi, évidemment, le plaisir de réussir ses combos en faisant plus ou moins le con. Et finalement, donc, regarder les autres devenir ridicules de façon consentante. Hélas ! Mille fois, un milliard de fois hélas ! Trop peu de chansons ! Elles sont toutes bonnes, mais trop peu nombreuses ! J’en veux plus ! J’en veux des dizaines en plus !


JD01

Du coup je me tourne vers le plus récent de mes jeux : Just Dance. Je n’ai pas complètement acheté ce jeu dans le vide. Descendu par la critique comme aurait pu l’être « Léa vétérinaire », les notes de la presse, ne dépassant jamais la moyenne, contrastait étonnement avec celles des joueurs, qui frôlaient le plafond. A l’exception de quelques hardcore gamer frustrés de ne pas retrouver de graphismes en trois dimensions haute-définition, tout le monde semble s’accorder pour déclarer ce jeu le grand vainqueur des soirées à l’apéro. Surtout s’il y a des filles, il paraît. Et puis, on voit sur pas mal de blogs, dont celui de Davy (Badstrip), des gens faire les cons sur ce jeu. Trouvé d’occasion, je me lance.

Bon alors première surprise un peu décevante, il n’y a aucun habillage. Comprendre, les menus sont très moches, pixelisés, minimalistes. Deuxième mauvaise surprise, le jeu ne se joue qu’avec une wiimote, pas de poire. Dommage. Pas beaucoup de mode de jeu non plus mais j’y reviendrais. Moi, je m’en fous, je veux danser baby ! Je lance une partie rapide. Bonne surprise, il y a pas mal de titres, une trentaine je crois, dont certains cultes. JE RETROUVE COTON-EYE JOE ! OHMYGAD ! Je lance le truc de suite, sans même regarder les autres chansons. La notation me dit qu’attention, ce n’est pas trop physique mais c’est un peu technique. Je snobe cette catin en m’échauffant.

Le jeu affiche une cow-girl aux couleurs disco à l’écran. Elle met son chapeau, moi aussi, même si je n’ai pas de chapeau (Amo serait vachement avantagé). Et c’est parti pour un fail comme je ne l’ai jamais fais, j’échoue partout, tout le temps, j’ai dix plombes de retard sur la chorégraphie, et les picto qui décrivent les mouvements en bas à droite de l’écran ne m’aident pas beaucoup. Je pleure et je recommence avec un You Can’t Touch Me bien viril. Et là c’est encore pire. La détection des mouvements est vraiment, mais vraiment épisodique et très hasardeuse.

J’arrête un instant pour comprendre les causes de mon échec. En fait c’est simple, si les lapins crétins permettait de découvrir la musique sans trop se planter, grâce à des mouvements qui rappellent certes une chorégraphie mais qui finalement n’en est pas une, Just Dance nous demande d’imiter une vraie danse, et nos mouvement sont comparés à ceux de danseurs professionnels. Chaque musique a sa chorégraphie officielle. Du coup, le seul moyen de vraiment faire un score décent est de connaître la chorégraphie et de prier pour que la détection se fasse bien. Je décide de persister et de trouver quelque chose de moins compliqué. Je réussis un score honnête. Mais bon, sur une musique des Spice Girls, je ne sais pas si je dois en être fier ou en avoir honte.

Après d’autres essais, j’améliore mes performances sur les autres chansons. Je totalise entre trois et quatre mille points. Content, je me renseigne sur les fora de JV.com. Et je tombe sur un type qui critique la détection de mouvements mais qui assure qu’en se débrouillant un peu on fait quinze mille points facilement. Ouch.

Après cette remise en question, j’explore le contenu du jeu. Pas grand chose. Un mode compétition, un mode survie, un mode freeze. « Freeze » ? Oui, c’est en fait similaire au « 1, 2, 3 soleil » de notre enfance. Il faut danser, danser, et puis d’un coup un panneau « stop » apparaît et il faut se tenir immobile. Et là, la détection révèle sa limite, puisque même en étant parfaitement de marbre, on accumule une dizaine de points négatifs avant que la console comprenne enfin qu’on ne bouge plus. Du coup, je n’essaie même pas le mode survie.

Donc, des vraies chorégraphies, des mouvements plus variés, une plus grande playlist, mais une détection beaucoup moins fine (ou trop exigeante ?) qu’avec les lapins crétins. Pourtant, c’est toujours Ubisoft. A voir avec des amis lors d’une prochaine soirée, il y a moyen de bien se marrer c’est vrai. Et les filles sont curieusement plus sensibles à des vraies danses qu’aux mouvements de lapins. En tout cas le jeu ne vaut pas les 40 euros de son lancement. Mais en occasion ça peut valoir le coup. J’en reparlerais sûrement après un peu plus d’expérience.

Rédigé par Youe

Publié dans #Ludus

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HellGhost 06/11/2010 16:58


Désolé, mais le passage sur Frets On Fire est faux.

Ce n'est pas parce que tu te trouve blaireaux avec ton clavier et que tu ne sais pas jouer et que tu trouves donc le jeu nul qu'il l'est pour tous.

C'est un bon jeux, et je préfère utiliser mon clavier de manière originale que de me trémousser sur un tapis de danse.

Mais je respecte les gouts de chacun, disons juste que les notre divergent. Merci donc de ne plus juger totalement un jeu juste sur ton appréciation. Et attention aux fautes d'orthographe. Certes
j'en ai peut-être fait en écrivant ce commentaire, mais bon... pas aussi grosse que "factis" qui s'écrit "factice".

A bon entendeur.


Youe 06/11/2010 18:39



Oh, commentaire d'un vieil article !

Effectivement, nos goûts divergent. Mais le fait est que le clavier ne reproduit absolument pas la sensation éprouvé à la guitare -que je peux à présent comparer puisqu'ayant acheté
Guitar Hero- alors qu'un tapis de Stepmania reproduira le gameplay de la borne d'arcade à l'identique (sauf sur sol très glissant, s'entend bien). 

Et nonobstant ta demande je jugerais les jeux comme je l'ai toujours fais et avec le seul moyen direct que j'ai à ma disposition, c'est à dire mon appréciation bien à moi, puisque comme tu
l'a remarqué il s'agit avant tout d'un blog personnel et non d'un site de tests généraliste. La nature éminemment subjective de l'article laissera d'ailleurs à penser qu'affirmer qu'il
est "faux" est un peu décalé en ce sens où il ne reflète qu'une opinion et non un fait factuel, et je ne pense pas avoir fait d'erreur majeure dans les quelques lignes de description
pure du jeu. Après on peut ou pas être d'accord avec les arguments avancés, qui sont ici d'ailleurs peu nombreux puisque n'ayant pas apprécié ce jeu je n'ai guère eu l'envie d'y accorder une
importance particulière dans l'article dont il n'était pas le seul sujet. 

Je resterais donc sur mon avis que non, Frets on Fire n'est pas une bonne alternative gratuite aux Guitar Hero et autres Rock Band, en tout cas rien de comparable avec son équivalent Stepmania /
DDR.

Et merci de m'avoir signalé la faute sur factis (sic) / factice, j'étais persuadé que la première orthographe était la bonne, je me coucherais moins bête. J'espère ne pas trop en avoir fait dans
ma réponse et t'avoir évité une consultation en ophtalmologie en urgence.

Cordialement.