Le Palmashow

Publié le 8 Septembre 2011

A la télévision, il y a des rites et des habitudes. Les présentateurs vedettes le sont tellement que leur nom est connu de tout l’hexagone, en bien ou en Arthur, et que chaque année on retrouve peu ou proue toujours les mêmes concepts d’émission. A tel point que je trouve encore curieux de voir certains s’enflammer toujours. Rassurez-vous, amis télé-maniaques, vous aurez toujours votre émission de divertissement à midi pendant qu’on fait à manger ; selon les chaînes, elles seront tournées humour potache ou humour potache sous la ceinture. Après, votre journal télévisé qui ne manquera pas de vous faire part du jardin de madame Dugenoux qui cultive une fleur que l’on ne retrouve plus beaucoup dans le Massif Central. Après vous aurez vos éternels programmes-remplissages de séries dont tout le monde a oublié jusqu’à l’existence, datées de trente ans. Puis en soirée, avant et après un journal qui répètera les informations du midi, vous aurez toujours votre palmarès de téléréalité, où selon les chaînes les gens vendront littéralement leurs fesses en crachant ou en touchant celles les autres sur une île, dans un loft, dans un taudis, dans une ferme, avec toujours le même canapé de candidats stéréotypés. Après, les séries américaines, bien correctes, mais doublées en français, ce qui ne choquerait pas si on ne retrouvait pas les quatre mêmes doubleurs pour toutes les séries américaines. Sur d’autres chaînes, des documentaires passionnant toute la journée sur la reproduction des loutres en Patagonie centrale en milieu hostile. Ah et il ne faut pas rater les rendez-vous traditionnels : les gendarmes à Saint-Tropez et les James Bond de l’été, et bien entendu les enfants de la télé spécial humour Noël, où comment faire croire à quelque chose de vraiment drôle alors que les invités, forcés de mimer la surprise sur des extraits qu’ils auront préalablement autorisés à diffuser, se feront bien lécher les parties avec du miel.


- Bryan ! N'y va pas !
- Mais chef, c'est la fête de la bière allemande, les femmes sont ivres et ont des gros seins ! J'veux bien qu'on soit américain mais...


Mmh. J’en étais où ? Ah, oui, les rites et les vedettes de la télévision. Avec un bien beau premier paragraphe bien hypocrite de ma part : en effet, les web-addicts suivent exactement le même chemin que les télé-maniaques. De plus en plus, sur Internet aussi on retrouve nos petites habitudes, nos petits rites, nos petits rendez-vous. Et on va vérifier les flux RSS d’informations venant de différentes sources mais pourtant identiques car le copier collier est tellement plus simple. Et on va vérifier si nos web-comics préférés ont été mis à jour – ah, encore une blague sur les relations sexuelles, un peu comme la plupart des vies de merdes bidons. Et on aura toujours les mêmes sites de jeux vidéos, semi-professionnels mais utilisant ce langage amateur si familier pour faire genre « proche du public, t’as-vu ». Et on aura toujours la majorité du trafic occupée par les sites pornographiques en streaming. Et on aura la panoplie de pages et sites personnels, la plupart d’une qualité située entre discutable et vomitive. Et on aura nos petits forums de discussions, qui n’ont souvent rien à envier aux pires poubelles de la téléréalité dès lors qu’ils ont passé l’année d’activité. Et même, on a nos vedettes. Elles sont probablement plus saines que celles de la télévision, la liberté d’expression sur la toile n’étant pas régulée par le CSA et l’argent moins présent. Le coté « bande de pote de fac », « racine d’arbres ». Ce qui permet de sauver l’honneur avec, pour peu que l’on trie le bon grain des torchons, une production de fond de qualité supérieure à celle de la télévision, à défaut de la forme.


De plus en plus néanmoins, les deux se rejoignent. Les délires Internet lorgnant sur l’audience – et le salaire – proposés par la télévision gardent leur humour et leurs thématiques mais assagissent leur langage. Et ça donne des petites croquettes pas dégueulasses. On voit ainsi les 12 infos de Cyprien pour NRJ12, ou encore le Rewind du 20minutes, par Monsieur Dream – oui bon ok c’était pour pas faire redondant – et reprit par Sam. Qui depuis bosse pour ledit journal. Norman, célèbre pour ses vidéos sur Youtube, qui se met à en faire quelques-unes pour Orange. Bref, Internet joue un rôle de terrain d’essai et de tremplin de plus en plus efficace entre les deux plates-formes. D’ailleurs j’aurais pu faire un article sur ces personnalités forts personnelles que j’apprécie particulièrement, mais comme je suis chiant et que j’ai décidé de faire une introduction de trois paragraphes, je vais plutôt vous parler d’un duo qui officie sur NRJ8 : le Palmashow.

palmashow


Le Palmashow c’est deux comédiens, Grégoire Ludig et David Marsais, et c’est d’abord des spectacles, puis des buzz Internet via des parodies, et enfin un travail assez phénoménal d’une série de petits sketchs de quelques minutes. Quantité, qualité, tout y est. Comme beaucoup j’imagine, je les avais déjà connus de façon un peu distraite via leurs parodies de Star Wars, Twilight et du Seigneur des Anneaux. Comme beaucoup j’imagine, j’ai pensé à cet instant « ahah, c’est sympa ». Puis j’ai tourné la page. Tout ça pour découvrir, des mois plus tard, leur page Dailymotion, remplie de trente-sept autres parodies, dont celle d’un show médiocre où des mères cherchent à vendre leur fils une gente féminine qui divorcera après avoir touché le chèque, mais surtout… plus de cinquante autre vidéos de courte durée. Les « Very Bad Blagues ».


Une structure toujours identique. Une situation, un générique, et des variations autour de la situation basées sur des répliques qu’il serait inopportun, dérangé, déplacé, maladroit de dire dans le contexte. Un savant mélange d’humeur absurde, référentiel, subtil, et veau parce qu’on a tous fantasmé de faire certaines conneries. Le tout échappe à la lourdeur car chaque bêtise est très vite coupée. Pour les familiers du SAV des émissions d’Omar et Fred, la formule vous rappellera quelque chose. Le montage est similaire : gag court, coupure, gag court, coupure. Les runnings-gags sont évidemment de la partie et les sketchs un peu long sont découpés et séparés par les plus courts. Au travers des 56 situations présentées et aussi diversifiées que les Power-Rangers, Batman, les flics américains, les Experts, les résultats du BAC, les coiffeurs, les divers milieux médicaux, la prison, le braquage d’une banque, le premier baiser, les rois mages, l’enfer, la rencontre d’une ex (oui c’est un peu pareil que l’enfer, je vous l’accorde)... se retrouvent des personnages, ou plutôt des personnalités redondantes. On notera les wesh par exemple, ou encore les pédophiles-zoophiles-sexophiles du Nord, Gaspard et Balthazar.


Alors dit comme ça, je vous vois arriver avec votre moue dubitative. « Ouiiiii, des gags sur les coiffeurs ou la prison, des personnages stéréotypés, bref des trucs jamais vus quoi, il va nous sortir quoi après, Bigard ? ». Et si j’étais à votre place, je réagirais de la même façon. Et c’est vrai, y’a certaines blagues qui sont un peu téléphonés, voire qu’on voit vite arriver. Mais la grosse différence qui sépare la plupart des comiques et leurs vannes sur les téléphones portables et le Palmashow, c’est… le talent. Les mecs sont comédiens de formation, ça se sent. Ils sont bandants, oui j’ose le dire. La façon dont le docteur de la visite médicale ou l’employé du pôle emploi vous appelle pue la vérité. La façon dont James Bond s’énerve représente tout ce qu’on a toujours fantasme d’une James Bond qui devient humain et pète un câble. Et quand bien même une situation vous laisserait de marbre, mais y’en a cinquante-six les gens ! Imaginez cinquante six situations, décalquées chacune en une dizaine de mini-sketchs ! Si ça vous donne pas des idées pour des « mèmes » IRL, je sais pas ce qu’il vous faut.

 

Mmh. Une introduction plus longue que l'article. Pas bon, ça.

Rédigé par Youe

Publié dans #Ars artis

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Shadowfox 09/09/2011 09:41


Moi je l'aime bien cette introduction.
Comme plein d'autre fois, tu me donne envie d'aller voir un truc tient, j'y vais de ce pas.

( Mais s'ils ont touché aux Teen Titans je les t... euh ... oublie :) )