Marathon vidéoludique Star Wars - Borne 10km

Publié le 24 Juillet 2010

Après avoir rejoué à des simulateurs de vol spatial et à des arcades pures et dures, passons à présent à un de mes sous-genres préférés : les jeux de stratégie. Mais avant, petit ajout suite à plusieurs remarques qui prouvent définitivement que je m’adresse à des personnes de bon goût qui aiment partager leurs nostalgiques moments de bonheur : Rebel Strike, malgré sa qualité narrative et de jouabilité en deçà selon moi de Rogue Leader, permettait en revanche de jouer aux missions de ce dernier… en coopératif ! Cela mérite d’être souligné car a visiblement marqué les joueurs ayant acheté le dernier épisode GameCube de la saga des Rogue Squadron. Personnellement, ayant eu peu d’amis dans le délire à proximité, cette fonctionnalité fut très anecdotique voire passée complètement inaperçue, et j’ai sans doute loupé une dimension du titre.

 

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Attention, jeu rétrograde, j’ai peine à croire qu’il soit sorti en 1998, je m’attendais vraiment à plusieurs années avant. Rebellion est pourtant, malgré une interface absolument hostile, le meilleur jeu de stratégie de l’univers Star Wars, encore inégalé à ce jour.

 

Le jeu se place chronologiquement après la bataille de Yavin IV. L’Etoile Noire vient d’être détruite par les rebelles. Ceux-ci n’ont cependant pas le temps de fêter leur victoire, trop occupés à s’enfuir sur les mondes de la Bordure encore non explorés par l’Empire qui a considérablement réduit leur forces armées malgré tout. Mais coté impérial, la vie n’est pas rose non plus : la victoire rebelle a porté un sérieux coup à la réputation du régime. Même certaines planètes du Noyau sont ouvertement passés du coté de l’Alliance. La flotte impériale possède certes une force de feu largement supérieure aux rebelles, mais déployer les vaisseaux à travers les vingt systèmes comportant chacun une dizaine de planètes est infaisable. Et vous voici, jeune général, dans votre navette de classe lambda, arrêté dans le vide spatial, à vous demander à quel appel vous allez répondre : la détresse de l’Alliance appelant à la liberté, ou l’offre impériale pour pacifier l’univers ? Dans un cas, vous serez dans une petite cinématique accompagné par deux ailes X vers une base paumée, dans l’autre, une unité de Stromtroopers va parader sur le pont d’un super-destroyer pour vous accueillir. Je me demande vraiment où va ma préférence.


Ce jeu est avant tout un vrai jeu de stratégie profonde, et non de tactique militaire comme le sont, par exemple, Starcraft, Supreme Commander ou Command and Conquer. Vous supervisez ici l’ensemble général des opérations et non les batailles de terrain. A vous de gérer la construction des bases, la production des garnisons, des flottes, d’assigner du personnel à la recherche scientifique afin de découvrir de nouvelles installations, troupes ou navires. Conduisez vos leaders sur les mondes neutres pour les allier à votre cause par la voie diplomatique ou organisez un blocus et un assaut contre les planètes hostiles qui ne manqueront pas d’essayer de se rebeller si vous ne cherchez pas à les calmer grâce à des commandants charismatiques.


Car si dans un jeu de tactique militaire, les troupes et les armes sont au premier plan, ce n’est pas exactement le cas ici. Pour remplir vos objectifs, les leaders seront vos premiers atouts. Ceux-ci sont tous des têtes célèbres des films et de l’univers étendu. On retrouve évidemment Palpatine, Vador, Luke, Han Solo, Leia… Mais aussi Pter Thanas, Thrawn, Daala, Rieekan, Crix Madine… Chacun d’entre eux a des caractéristiques basés sur leurs aptitudes au combat, à l’espionnage, diplomatiques, et leur charisme. Chaque mission réussie va légèrement augmenter leurs statistiques, auxquelles s’ajoutent les pouvoirs de la Force pour les utilisateurs de celle-ci. Aussi, chacun d’eux a la possibilité ou non d’aider la recherche de technologie ou de prendre un rang de commandement dont je vous parlerais peu après. Ces caractéristiques ne sont pas liées au hasard mais bien au background du personnage : par exemple, les officiers impériaux ont souvent beaucoup de charisme et de capacités de combat, mais une diplomatie scandaleusement pauvre – suivre les ordres bêtement et méchamment n’aidant pas à la rhétorique. Palpatine et Mon Mothma sont au contraire des monstres diplomatiques. Et Vador excelle un peu partout. Normal.

 

703-1Mais je t'en prie ! La Force améliore les capacités des personnages, 

je ne crache pas sur un Jedi Noir supplémentaire !


Ces personnages, selon leurs compétences, peuvent remplir différentes missions, qui vont du sabotage – et j’aime autant vous dire que les rebelles adorent ça – à l’assassinat – réservé à l’Empire - en passant par… la formation d’un Jedi. Car Luke et Vador, s’ils se retrouvent à proximité d’un être sensible à la Force, en l’occurrence un autre personnage, peut vous proposer de le former. Ceci est décidé de façon aléatoire même si je pense que seuls les personnages combattants peuvent être sensibles à la religion Jedi. Attention cependant, une mission échouée sur une planète ennemie pourra vous retirer un personnage retenu alors prisonnier –il pourra s’échapper à plusieurs occasions, parfois de lui-même – voire tué dans l’action. Ce qui est toujours un handicap pour vos objectifs.


Quels objectifs, me demanderez-vous. Conquérir la galaxie ? Pas du tout. En fait, seuls trois buts sont indispensables à votre victoire : capturer (ou détruire) le quartier général de l’ennemi, et capturer ses deux principaux leaders. Ce qui se révèle vite être un casse-tête puisqu’évidemment il faudra localiser les cibles qui vadrouillent à leurs différentes tâches avant de tenter des opérations de capture souvent vouées à l’échec. Les rebelles et leur quartier général mobile semblent avantagés par rapport à Coruscant, même si celle-ci est dès le début de jeu lourdement défendue, cependant si l’Empire lance une attaque, ce QG mobile est définitivement détruit, alors que le Centre Impérial peut être reconquis si perdu. De fait, la galaxie est un terrain de jeu stratégique et tactique, que vous créerez, permettant de vous amener vers vos objectifs. Cela n’a l’air de rien mais ainsi, contrairement à beaucoup de jeux où les cibles sont désignées et les cartes prédéfinies, ici c’est vous et votre adversaire qui élaborerez tout : Mon Calamari peut devenir un enjeu stratégique majeur si vous décidez d’y construire une batterie de chantiers spatiaux. Mais vous pouvez préférer les construire sur Sullust, auquel cas Mon Calamari n’aura aucune espèce d’importance.


Je vous parlais au dessus des grades dans votre armée, et pourtant vous n’assistez à aucune bataille tactique. En fait c’est faux, puisque, space-opéra oblige, vous commandez tout de même les attaques et les défenses spatiales. A vous de désigner telle ou telle cible pour telle ou telle navire ou escadron de chasseurs ou bombardier. Mais, comme pour simuler la réalité d’un conflit, vos ordres ne sont pas appliqués à la seconde. Il faut le temps à l’équipage ou aux chasseurs de réceptionner et de s’organiser. Avoir un commandant ou un amiral dans votre flottille permet d’accélérer ce temps de réaction respectivement aux escadrons et aux vaisseaux capitaux. Un général quand à lui permettra une meilleure tactique terrestre – à laquelle vous ne participez hélas pas – et, plus tard dans le jeu, sera le pire ennemi des infiltrateurs en améliorant la détection des espions et des saboteurs.


Vous commencez à le comprendre, ce jeu est d’une profondeur inégalée, et le respect à l’univers en devient une véritable ode à la Guerre des Etoiles. C’est en fait ce jeu qui m’a fait découvrir l’univers étendu. Le nombre de personnage n’est défié que par le nombre de troupes et de vaisseaux à élaborer et à construire. Si on trouve forcément les classiques ailes X, ailes A, chasseurs TIE et les célèbres Destroyers Stellaires, les chantiers nous permettent aussi, sur le long terme, de créer des Super Destroyers Stellaires, des frégates d’assaut, des défenseurs TIE, des croiseurs caraques, des canonnières corelliennes, et tout un tas de vaisseaux quasi-inconnus. Le tournant de la guerre arrivera lors de la découverte du croiseur Interdictor, ou de son équivalent rebelle, empêchant la fuite en hyperespace de l’ennemi, vous permettant de détruire ses flottes une fois pour toute. L’autre tournant arrive lorsque vous commencez la construction de vos nouvelles Etoiles Noires. Vos ? Oui, si vous en avez les ressources, pourquoi s’en contenter d’une ? La seule limitation intervient pour des raisons gravitationnelles, une seule étoile noire est autorisée par flotte. Certes, vous aurez rarement les ressources pour en faire plusieurs, mais il m’est déjà arrivé d’en contrôler deux ou trois. Oui, oui, c’est assez jouissif. Même si, attention, il vous faudra des nuées de chasseurs pour empêcher les rebelles de l’attaquer car figurez-vous qu’aucun ingénieur n’a pensé à rectifier les soucis de sécurité liées aux conduits de la tranchée principale. Et bon, là je ne vous parle que des vaisseaux, mais cela s’applique aussi aux forces terrestres. Vos propres légions de Dark Trooper ? Des régiments de Wookies ? Hu-hu.

 

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Ca m'a l'air correc... Quoi ?! 448 jours de construction ? Heu, on va commencer par les chasseurs TIE alors.

Et envisager de créer d'autres chantiers navals.


Pour renforcer cette immersion déjà sumérienne, le jeu se dote d’une myriade de petits bonus et détails de pure luxure. Par exemple, le joueur est un élément physique du jeu. Votre personnage n’apparaît jamais en bataille, mais les droïds et les personnages s’adressent directement à vous, encore plus qu’à Starcraft. D’ailleurs les protagonistes principaux sont carrément doublés, préparez-vous à bander quand le seigneur des Sith vous obéira « à votre guise ». Votre armée, elle, vous appartient totalement, et vous pouvez nommer chaque flotte et chaque vaisseau capital, que ce soit la canonnière corellienne ou l’Etoile Noire. Lorsqu’une bataille commence, vous en êtes averti par un petit écran résumant la situation avec la petite musique qui va bien. Les écrans ne sont pas nombreux mais varient selon la situation – tentative de blocus, d’en briser un ? - le vainqueur et le destin du vaincu – fuite ou anéanti ? Et je vous laisse la surprise si agréable de ces petits écrans scénaristiques durant les rencontres ente les Skywalkers et les seigneurs Sith. Qu’aurait dit Leia à Vador ? En tout cas, vous avez droit aux félicitations des vos droïds de commandement quand vous capturez un personnage leader ennemi. Vous êtes même récompensé par une cinématique pour la prise d’un QG et, bien entendu, votre victoire finale. Un mot : Epique.


Certains détails jouent carrément sur l’aspect stratégique lui-même ! Par exemple, tous les personnages voyageant avec Yan Solo verront leur temps de trajet diminué par deux, car ils profiteront de la vitesse légendaire du Faucon Millenium. J’aime autant vous dire que vous lorgnerez souvent sur les trajets de transit de vos flottes en hyper-espace, ce qui ajoute une petite tension quand vous lancerez votre flotte-mère contre la planète ennemi la mieux défendue. Plus que deux jours, plus qu’un jour, waaaah !


Rappelez-vous également qu’il se passe bien des choses après la bataille de Yavin. Ne soyez pas trop énervé quand Luke viendra vous dire qu’il se barre carrément du jeu pour aller suivre les enseignements d’un abruti sur une planète marécageuse. Dites-vous que, lorsqu’il reviendra, il sera better, faster, stronger. Il arrive aussi que Solo dézingue vite fait des chasseurs de prime… ou qu’il se fasse capturer si vous l’avez trop fait glandouiller.


Rassurez-vous, tous les éléments du jeu sont réunis dans une énorme encyclopédie consultable in-game. Tous les personnages, vaisseaux, troupes, types de missions, même les planètes sont passées au crible.


Alors, qu’est ce qui vous empêche d’y jouer ? L’interface, le gameplay. Evidemment, une fois qu’on s’y est rodé, il ne pose plus aucun problème, mais le début est extrêmement laborieux car tordu et inexpliqué. Exemple ? Pour envoyer Leia en mission diplomatique sur une planète neutre, il vous faut : 

 

  • Avoir Leia et la planète en question sur le même écran.
  • Clique-droit sur Leia. Selectionner l’option de mission, puis le type de mission.
  • Clique gauche ensuite sur la planète. Confirmation après la date d’arrivée estimée. Leia part enfin en hyperespace. Pfiou. Toutes ces fenêtres, tous ces boutons…

 

En outre, vous passerez le plus clair de votre temps à envoyer des missions et à lire les rapports que vous enverront vos agents. C’est un aspect qui peut très facilement rebuter les joueurs voulant être actif au sens propre du terme sur leur jeu. Les batailles spatiales et autres affrontements directs seront rarissimes en début de jeu, donnant l’impression justifiée de démarrer très lentement. Et ce gameplay traînant et tellement hostile n’est pas aidé par les graphismes. Si la majorité du jeu est, forcément, en deux dimensions – puisque vous lisez des écrans de rapports, je vous dis – et que toutes les illustrations sont magnifiques, les batailles en trois dimensions vous renverront vraiment plus de dix ans en arrière avec des modèles polygonaux. Ah, par contre, effet rigolo ; si vous sélectionnez un destroyer, vous aurez en bruit de fond les gros réacteurs de celui-ci. Alors que si vous sélectionnez un escadron d’aile X, leurs petites turbines n’auront évidemment pas le même bruit. C’est rigolo.

 

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Une rébellion contre l'Alliance. Ah, ironie...


Mais avec des efforts, la récompense est tellement incroyable. Et tout ce que je viens de dire n’est clairement pas exhaustif loin s’en faut ! En vrac, les missions peuvent être accomplies à plusieurs, vous pouvez former des commandos pour les aider, des personnages peuvent créer des diversions pour augmenter le taux de succès d’une mission, chaque navire possèdes différents attributs et votre flotte peut être paralysée au-dessus d’une planète si les réacteurs sont mis hors-service ! Si votre situation galactique va mal, certains personnages vous trahiront, et puis… et puis…


Et puis je m’emballe. Mais ce jeu le mérite tellement. Ce jeu est le seul, je dis bien le seul, me donnant la sensation d’être un véritable acteur de la saga Star Wars, de transformer vraiment le futur de cet univers après Yavin IV et d’être autant impliqué dans le destin de cette galaxie fort, fort lointaine. Même le pourtant bon jeu qu’est Empire at War ne me procurera en rien cette sensation.  Cela demande un réel investissement, mais en retour votre imagination est tellement stimulée !


D’ailleurs, en parlant d’Empire at War…

Rédigé par Youe

Publié dans #Ludus

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