Marathon vidéoludique Star Wars, borne 18km

Publié le 18 Septembre 2010

kotoriii

 

Les précédents articles de ce marathon vidéoludique Star Wars le montrent bien : la guerre des étoiles m’intéresse essentiellement lorsqu’on parle de la période de la guerre civile galactique, c'est-à-dire plus ou moins la période traitée par la trilogie originale, et particulièrement l’opposition entre l’Alliance Rebelle et l’Empire Galactique. Vient ensuite un intérêt pour la suite de la bataille d’Endor et bien entendu l’invasion des extra-galactiques – ça va j’ai l’air assez geek là ? Mais clairement j’ai un désintérêt assez profond pour la période que couvre en partie la nouvelle trilogie, à savoir les déboires de l’Ancienne République. Ajoutez à cela que la majorité des histoires de Jedi m’ennuient, surtout depuis qu’ils les ont transformés en insipides super guerriers de l’espace sans âme capables d’actions irréalisables même dans les plus mauvais jeux de Stellar Stone.

 

Je suis donc passé complètement à coté de la sortie de Knights of the Old Republic qui, avec son seul titre, me repoussait autant que le pshit pshit d’eau minérale sur les chats. Pourtant, des années plus tard, curieux du fantasme général créé par ces jeux et après avoir intégré que c’était Bioware qui s’était occupé de leur réalisation je franchissais le pas. Sans regret, c’est le moins qu’on puisse dire.

 

Quatre CD ! Quatre fichus CD pour ce jeu de rôle dans le plus célèbre univers de science fiction. Une fois lancé dans l’aventure, un petit temps d’adaptation est requis avant d’appréhender les commandes du jeu. Il s’agit bien d’un jeu de rôle, mais en vue à la troisième personne et en trois dimensions. Mais attention, c’est bien fichu. Parce que les vieux joueurs le savent, l’avènement de la 3D dans des genres qui à priori s’y prêtaient peu ne s’est pas toujours bien passée. Pas d’exemple précis en tête mais généralement les contraintes techniques étaient trop importantes pour les développeurs qui n’arrivaient tout simplement pas à créer des univers riches et intéressants avec ce que leur permettait la technologie. De fait on se retrouvait avec des jeux de rôle au rabais, aux décors buggés, aux textures lavasses et uniformes, aux niveaux copiés/collés constitués de couloirs gris – les joueurs de Persona 3 comprendront de par le principe même de Tartarus - et aux scénarios et dialogues bâclés par manque de temps car passés après la conception 3D des univers.

 

Ici, rien de tout ça. Les décors sont suffisamment bien pensés pour être agréables, cohérents, non répétitifs. Les personnages s’intègrent bien dans leur environnement, ce qui n’est pas toujours respectés même aujourd’hui – salut Guild Wars et ses marches d’escaliers aussi haute que votre personnage en armure. Le scénario est classique mais bon, et la narration suit le même chemin, avec un build-up des principaux antagonistes aux petits oignons. Dark Revan a définitivement la classe, même si quelque peu inspiré d’un mélange improbable entre Vador et Boba Fett. On découvrira par ailleurs sa légende en même temps que l’intrigue principale du jeu et de l’univers. Parce que ce salaud est bien à l’origine de tout ce qui vous entoure, y compris la situation géopolitique de la galaxie. C’est d’ailleurs grave la merde, on le comprend assez vite et même le fan de Star Wars est paumé une fois lâché sans indication réelle dans ce tourbillon. Parce qu’évidemment votre héros est amnésique. Heureusement il n’est pas muet, parce que ça le ferait pas pour un jeu de rôle.

 

 

Pour résumer sans spoiler, c’est une fois de plus la guerre dans la galaxie – no comment, on fait pire avec une seule planète dans la vraie vie. D’un coté, la traditionnelle Ancienne République, bien débile, plein d’idéaux mais plus que jamais incapable de les défendre, toujours dans son rôle de victime à tel point qu’à force même le plus gentil des joueurs voudra l’abattre, et qui n’est là que pour permettre l’avènement d’un héros salvateur. Sauf que cette fois-ci, le héros a posé un lapin, du coup, l’autre coté représenté par l’empire Sith des seigneurs Revan et Malak en a profité pour envahir avec un succès assez éclatant la moitié des territoires « défendus » par les gentils.

 

La première chose qui frappe c’est un traitement intelligent de la situation, qui n’a rien à envier aux meilleures fictions de l’univers étendu. Oui, l’empire Sith est méchant et est l’ennemi de toute démocratie, mais définitivement non, ce n’est pas pour cela qu’il ressemble au Mordor. Les premiers mondes foulés par les pieds du héros seront sous contrôle Sith et il constatera avec étonnement qu’hormis les inévitables résistants, cet empire ne met pas le feu aux bâtiments pour rigoler, ne commet pas de massacres au hasard dans la rue pour frimer, et n’est pas peuplé d’abrutis à cornes peints en rouge et s’habillant en noir – salut Dark Maul ! A la place, on découvrira des cités gouvernés où l’ordre est maintenu par des militaires qui ne sont pas tous des trous du cul. Les gardes de la ville ne vous sauteront pas à la gorge à moins que vous ne posiez des problèmes à l’ordre public. Du coup, on n’assistera pas à une franche rébellion ouverte de la part des mondes conquis et beaucoup de personnes, parfois même haut placées, envisageront même la République comme un gouvernement à la ramasse et que l’empire est préférable à long terme.

 

C’est un peu ce que je pense depuis tellement longtemps !

 

  La gestion de votre groupe s’apparente à celle d’un Baldur’s Gate, avec néanmoins moins d’options pour diriger vous-même vos équipiers. L’ensemble est donc moins poussé mais permet des combinaisons intéressantes et une gestion de l’inventaire, des capacités et des pouvoirs faciles d’accès. Pas de prise de tête en perspective. Et puisqu’on parle de votre compagnie, là encore c’est une petite réussite puisque la diversité est au rendez-vous. Non seulement, jeu de rôle occidental oblige, vous êtes libres de votre alignement et donc de vous entourer de personnages bons ou mauvais, mais en plus ceux-ci viendront de planètes différentes et auront tous une histoire de fond à débloquer. Le système de déblocage s’effectue par palier et est par conséquent peu subtil, sans embranchements à la Baldur’s Gate. Vous êtes ami niveau un, hop une partie de l’histoire. Vous répondez bien, hop, ami niveau deux, deuxième partie de l’histoire, et ainsi de suite. Une romance au moins est par ailleurs possible, aussi courte que celle de Leia et Han, mais l'idée est là. Non, la vraie question pour vous va être de trouver les personnages les plus amusants et/ou charismatiques, ce qui se fait très vite, et de jongler entre les différentes aptitudes de ceux-ci. Car vous ne pourrez emmener avec vous que deux amis quand vous sortirez de votre vaisseau spatial. Alors évidemment, un groupe constitué de trois Jedi va assez bien fonctionner en combat rapproché. Mais se priver d’un soutien d’arme à distance est parfois dommage, sans parler des compétences d’infiltration d’une Twi-leck ou des formidablement utiles possibilités informatiques d’un droïde. Du classique, encore une fois, mais bien mis en œuvre. Et, je le répète, vos compagnons sont vivants et ne donnent pas forcément cette désagréables impression d’être juste des NPC qui sont là parce que l’aventure se joue à plusieurs et c’est tout. Certains ont même des répliques vraiment drôles. Meatbag.

 

Vous-mêmes êtes un Jedi. On tente bien au début de vous maintenir un léger suspens en ne vous permettant d’équiper que des épées en acier ou des pistolets, mais comme le jeu ne vous prend pas pour un con, on vous lance assez vite sur la piste des utilisateurs de la Force et vous gagnerez votre premier sabre-laser. Dès cet instant vous abandonnerez évidemment tout spécialisation dans d’autre arme et votre seule préoccupation sera de choisir votre voie : les gentils qui soignent et protègent ou les méchants qui tapent et lancent des malus ? Les deux sont parfaitement viables et ce manichéisme affiché et assumé ne gêne aucunement. D’autres choix viendront vous tourmenter l’esprit, par exemple, sabre simple ou sabre dans chaque main ? D’ailleurs, rouge ou jaune, votre arme ? Que de dilemmes !

 

Les différentes planètes visitées ne sont pas très vastes, Bioware ayant pris le parti de proposer un nombre réduit de zones riches plutôt que de grands espaces vides. Ce qui est trèèèès bien, surtout que chaque planète vous proposera des challenges et des intrigues différentes, tant dans leur difficulté que dans leur nature. Parfois, rarement, vous aurez des courts instants de gameplay changeant en clin d’œil à la saga, comme une course d’engin ressemblant aux podracers ou un combat à bord de la tourelle de votre vaisseau. Peu marquant, mais sympathique donc à signaler.

 

La narration est parfaitement montée. L’histoire principale vous paraîtra lointaine, hostile en début de partie où clairement cela se passe sans vous. Mais à mesure de votre implication et de vos choix vous bousculerez les évènements qui ne vous avaient rien demandés et qui, du coup, s’intéresseront de plus en plus à vous, jusqu’au moment où vous et votre équipe serez un acteur majeur.

 

En somme, un jeu talentueux, intéressant, bien construit, bien raconté, bien pensé, et qui sert l’univers plus qu’il ne s’en sert, ce qui est le top pour un fan, même celui qui n’aime pas cette période. L'un des meilleurs jeux de rôle dans un univers de science-fiction, avec peut-être un certain Mass Effects auquel je n'ai pas encore joué mais qui rayonne d'un halo similaire. Une fois fini, devrais-je plutôt dire dévoré, je passe à sa suite. Et là… c’est un peu différent.

 

 

La première partie du jeu s’annonce comme une suite digne et même meilleure que l’original. Les membres de votre équipe, certains nouveaux, d’autres vieux de la veille, sont plus personnels et évoluent plus. Selon le canon de l’histoire précédente, vous revisiterez certains lieux qui auront subi et/ou bénéficié des conséquences de vos actes. Je dis « vos » mais vous n’incarnez pas le même héros. Adieu le monsieur amnésique, bonjour « l’Exilé(e)». Si l’on met plus de temps à trouver son petit sabre laser et sa capacité à ranger sa chambre en levant la main grâce à la Force, une histoire sur un triptyque de Jedi et de Sith se met rapidement en place, laissant entrevoir un nombre assez important de retournements de situations possibles. C’est donc un joueur à l’affut qui sera entrainé dans des périples acharnés, plus nombreux, plus longs. Better, faster stronger, à l'heure.

 

Et c’est ce même joueur qui sera surpris par la deuxième partie du jeu. De fait, les antagonistes sont décevants - un bouffeur de planète et un adepte sado-maso, beuh - et seront mis à terre au terme de combats tristement aisés et sans saveur. Les solides bases instaurées au début de partie se verront véritablement rushées et la fin du jeu est à la fois épique et un peu hors de propos, on progressera parce qu’il le faut bien mais sans se démettre d’une amère arrière pensée : « mais qu’est-ce que je fiche ici ? ». Ce même joueur donc, qui découvrira que les quêtes dites secondaires sont autrement plus intéressantes que la trame principale décevante et qui se rappellera bien mieux de ses compagnons de lutte, et de son influence progressive sur eux, sur leur histoire, leur planète, leur vie, que des pérégrinations de deux pauvres seigneurs siths sans grand intérêt. Il apparaît que le jeu a été accéléré pour respecter un calendrier de sortie un peu juste.

 

Dommage, car le système est meilleur, certains défauts du premier opus sont gommés et le plaisir est bel et bien présent – en particulier si l’on cède au coté obscur, ON DEVIENT UN DEPRAVE SURPUISSANT ! Certaines idées sont excellentes, comme la spécialisation au sein même des titres Jedi. Choisirez-vous d’être un bretteur à la Mace Windu ou un diplomate à la Yoda ? Un Seigneur Sith à la Sidious ou un infiltrateur Sith ? De toute façon en vous débrouillant bien vous finirez par à la fois devenir un boucher au sabre laser et le professeur X de la Force en même temps. C'est pas désagréable étant donné qu'à ce stade vous serez vraiment à la fin du jeu, donc pas de soucis concernant la difficulté.

 

Un deuxième opus définitivement excellent auquel j'ai adoré jouer, mais dont le rush final l’empêche de se montrer à la hauteur du premier dans mon estime. A finir impérativement malgré tout si vous avez aimé KOTOR 1. Et à force de jouer aux manipulateurs de la Force, ça donne des idées à certains, comme à un samouraï sous respirateur qui se prend des ambitions de former des apprentis secrets…

 

Hop, hors-sujet mais un peu dans le sujet quand même. Un trailer pour le futur MMORPG de Bioware met directement en scène ce qui semblera être une instance basée sur les évènement des deux jeux sus-cités. Ce trailer, découvert en cherchant des trailers sympas, est un véritable régal pour les fans, en particulier la dernière séquence, qui m'a juste empêchée de finir mon café. Voici :

 

Rédigé par Youe

Publié dans #Ludus

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Shrykull 24/09/2010 13:48


Genre KOTOR 2...
Sur la XBOX il freeze au bout d'1 heure 30 de jeu, pourtant il n'avait pas l'air mauvais --'


Youe 27/09/2010 13:38



C'est normal, c'était trop d'EPICNESS pour une Xbox !



Kaeso 18/09/2010 17:15


Je me souviens aussi de Knight oh the old république comme d'un grand jeu, mais je ne sais plus lequel j'ai joué, il me semble que c'était Kotor 2...
Ce que j'avais trouvé assez déplaisant dans ce jeu, c'était des petits bugs. Un très très agaçant était de ne pas pouvoir avancer dans l'action principale sans chopper de malus quand on est du côté
lumineux, résultat la fin du jeu c'est faite sans la jauge montée à fond, et il me semble qu'on gagne un pouvoir spécial si on l'a, ou alors il faut bien tout anticiper et ne faire vraiment aucun
truc secondaire pour gagner plein de points post quête principale, mais c'est quand même agaçant.
2eme point agaçant, c'est le fait qu'on puisse très bien être obscur et balancer des skills lumineux, il y a bien un léger malus mais c'est négligeable et ça rend le jeu beaucoup trop facile,
d'ailleurs il me semble que le jeu est plus facile en côté obscur, la trame scénaristique n'est pas tout à fait la même.
3ème point négatif, si on est lumineux, notre équipe entière finit par être lumineuse, bouuuuh....
Je me rappel m'être constitué une armée de jedi sur une partie, en se débrouillant bien on peut convertir toute la team (sauf les robots).
2003? Puré ça rajeunit pas tout ça^^'


Youe 27/09/2010 13:37



Ceci dit les pouvoirs de fin de branche sont loins d'être indispensables pour être surpuissant. J'en ai pas gardé des souvenirs de fou non plus? ils ne doivent pas être si utiles que ça.