Marathon vidéoludique Star Wars - Borne 3,5km

Publié le 6 Juillet 2010

Il y a de nombreux moyens de tomber dans l’univers de Star Wars, et ce même si Lucas a décidé de dégommer la saga à coups de mortier – une vidéo particulièrement intéressante de Dahan résume bien la situation. On peut être cinéphile et s’extasier devant l’immortelle trilogie classique, on peut aimer la musique et siffloter la Marche Impériale pour avoir l’impression de conquérir la galaxie en buvant son café, ou bien s’y intéresser au travers de la lucarne vidéo ludique.

 

Je fais partie de ce qui doit être les rares fans à n’être devenu amoureux des ailes X et autres destroyers stellaires qu’en deux temps. Pas faute à mes parents qui ont essayé de m’accompagner sur la route. Mon père est même allé jusqu’à me créer un ersatz bien foutu de la base Echo en plâtre avec un petit système de lampe qui irradiait une jolie lumière rouge. Mais non, trop petit, trop con, je ne percevais pas l’impact que la série allait avoir ensuite sur mes goûts.

 

C’est bien plus tard, des années après, que la foudre allait frapper. Alors que je commençais enfin à vaguement comprendre les mécaniques informatiques et notamment l’installation (sous DOS !) de jeux vidéos, je dépoussière un vieux cédérom violet avec des vaisseaux, je branche un joystick et c’est parti… pour des heures d’incompréhension, de recherches, de galères et de découvertes fabuleuses. Le jeu, pourtant pas du tout créé dans cette optique, laisse entrevoir un univers riche, qui va attiser ma curiosité. Quelques années plus tard, je pouvais citer les différences entre un destroyer impérial Mark I et un Mark II.

 

Au cours du périple, beaucoup d’autres jeux-vidéos sont passés au crible du clavier ou du pad. Chacun m’enfonçant toujours un peu plus dans mon attitude de fan et m’ouvrant toujours un peu plus les yeux sur des histoires de l’univers étendu ou des œuvres intéressantes. C’est donc parti pour des articles de mes jeux estampillés Star Wars préférés que j’aime de tout les temps… Mais aussi de ceux qui, arrivés trop tard ou bâclés, m’ont clairement déçu.

 

Et comme ça serait long de tous les faire en une fois, on va faire un marathon non-exhaustif, en commençant par ceux qui ont un logo qualité imprimé à jamais sur leur jaquette pour finir par ceux qui apportent la déception.

 

 


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Je ne vais pas classer les jeux par ordre de mérite, pourtant X-Wing sera éternellement mon favori car c’est la cause originelle de mon engouement pour la Guerre des Etoiles, le Big Bang, le point (0 ;0 ;0). Jouable seulement avec un Joystick, cette simulation de bataille spatiale est pour son époque une véritable perle révolutionnaire.

 

Le principe est basique : aux commandes des chasseurs stellaires rebelles, vous êtes assignés à une série de missions afin de lutter contre la tyrannie impériale. Si ce constat est simplissime, la réalisation est d’un aboutissement qu’encore aujourd’hui on peine à égaler, a tel point que lorsque sur internet vous évoquez ce jeu à un vieux fan, des étoiles brillent dans ses yeux. Il parvient à se hisser dans beaucoup de top cinq ou de top dix des meilleurs jeux de tout le temps.

 

Le premier contact fut pourtant dur à l’époque : l’impression de vitesse dans l’espace est absente, et les munitions sont extrêmement limitées, il semble impossible de détruire même une cible isolée et immobile. Jusqu’à ce que l’on découvre toute la subtilité d’X-Wing : la gestion de l’énergie du vaisseau, à répartir entre le rechargement des armes lasers et des boucliers. Cette énergie est aussi utilisée pour alimenter les réacteurs. Il est ainsi agréable d’avoir une régénération optimale des lasers et des boucliers en plein combat, mais on se retrouve amputé de la moitié de sa vitesse maximale, ce qui va dangereusement nous exposer aux tirs ennemis.  On se retrouve à jongler avec F9 et F10 pendant toute la durée de la mission et on jouit d’un gameplay irréprochable. Et ce n’est que le début car comme toute simulation, les boutons de commande nous sautent à la gorge ! « R » pour cibler le plus proche ennemi, « W » pour changer d’armement…

 

Vous n’ignorez pas la forme si évocatrice d’une aile X ? Les développeurs ont même poussés le vice jusqu’à proposer de tirer en mode alternatif, couplé ou jumelé ! Dans le même genre, les boucliers peuvent être projetés préférentiellement à l'avant ou à l'arrière. Détail du détail, on peut même replier les ailes ! Ca ne sert à rien, ça vous empêche même d’utiliser vos armes, mais ainsi vous pouvez vous vous la péter et annoncer fièrement que « les volets sont en position d’attaque ! ». Et on peut tourner la vue du cockpit pour voir les volets se baisser en temps réel ! Les modèles en trois dimensions sont gérés même en vue intérieure !

 

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Le satané cargo qui m'aura longtemps paru indestructible...

 

Autre détail trahissant l’amour avec lequel ce jeu a été conçu : votre profil. Pas de statistiques chiantes à pertes de vue. Votre profil est représenté par… votre uniforme de l’armée rebelle, plus ou moins décoré de galons et de médailles selon vos exploits. Et si vous n’avez pas sélectionné votre profil et que vous voulez quand même entrer dans le croiseur Calamari, attention, un garde pointera son arme sur vous en vous menaçant, sale espion impérial !

 

Ce jeu m’aura aussi fait débuter des leçons d’anglais précocement puisque non traduit en français. Tous les briefings de missions, animés et présentés par des généraux rebelles illustres qui m’étaient alors inconnus, sont dans la langue de Britney Spears. A vous donc, petit enfant de moins de dix ans, de comprendre que « Disable » signifie « Neutraliser » et pas « Détruire », que « Fighter » signifie « Chasseur », et je ne parle pas des termes techniques... L’apprentissage à la dure donc, quand vous devez recommencer dix fois une mission pour comprendre au fur et à mesure son déroulement parfois complexe. A noter que des fascicules résumant en français les missions et donnant des astuces pour chacune d’entre elles étaient fournis, mais la traduction et les objectifs étaient parfois approximatifs.

 

Malgré cette barrière de langage, l’immersion est totale : pas de menu de mission bidon, à la place on navigue entre les différents docks d’un croiseur lourd. A chaque mission, petit briefing. Au moment de prendre les commandes, petite cinématique de fort bon goût exhibant le pilote montant dans le chasseur que vous devez utiliser. Idem au retour du vaisseau qui précède un débriefing. Voix digitalisées anglaises ! Votre unité R2 qui vous bipe le résultat de France - Afrique du Sud ! Si par malheur vous explosez en vol, selon votre situation, vous pouvez être récupéré par une navette de secours de l’Alliance ou –en espace impérial- être récupéré par l’Empire et torturé par un Dark Vador tellement menaçant! Même le Game Over est fantastique ! Et il faudra vous y habituer tant le nombre de missions et la difficulté sont au rendez-vous ! Non content de devoir remplir vos objectifs, rappelez-vous que la rébellion n’est qu’un insecte pour l’armée impériale, ainsi si vous traînez trop, des renforts importants pourront venir vous poser de sérieuses difficultés.

 

Evidemment, l’aile X n’est pas le seul vaisseau pilotable puisqu’au travers des extensions (Imperial Pursuit et B-Wing), l’aile A, l’aile Y et l’aile B étaient au rendez-vous et se jouaient de façon bien différentes. Ah, mais quel bonheur à leurs bords de parcourir une histoire inédite : la découverte des plans de l’Etoile Noire, la campagne de sabotage contre l’Empire et enfin, l’attaque désespérée de Yavin IV.

 

Le succès fut tel que des rééditions de collection furent lancées en 1994 et 1998. Il faudrait d’ailleurs que j’en trouve une de 1998 puisque l’âge n’aidant pas, l’installation sous DOS de ma version qui doit dater de 1994 foire complètement.

 

 


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Quand, des années après, fort d’une connaissance accrue de l’univers, j’achète ce qui est présentée comme la suite de X-Wing, mon scepticisme ne peut pas être plus fort. Je m’attends à être déçu, rien ne pouvant arriver à ce niveau de détails. X-Wing Alliance allait me remettre divinement à ma place, en me donnant un bon gros coup de genoux dans l’entrejambe pour avoir osé douter de sa qualité.

 

X-Wing Alliance tient plus d’un remake inventif que d’une suite. Il reprend tout ce qui a fait le charme de son ancêtre en l’améliorant. Même système de gestion de votre chasseur, même dynamiques de briefings et débriefings, même système de récompenses, même système de combat. Mais avec les technologies actualisées, donc en cent fois mieux. Si l’on regrette la disparition physique de l’Amiral Ackbar pendant les explications de missions, on peut en revanche se délecter de sa voix rugueuse devenue célèbre sur Internet ( It’s a trap !).

 

Désormais la vitesse de rotation de votre coucou spatial est optimale lorsque la puissance des réacteurs est à un tiers, ce qui vous oblige à encore plus jongler avec les paramètres de votre vaisseau en prenant plus encore en compte sa vitesse, et donc de mieux connaître vos carcasses. Inutile de vous préciser qu’en plein duel on fait énormément de passes entre la vitesse maximale et ce fameux tiers. Autre changement, vous serez amenés à piloter des cargos : de nouvelles mécaniques impliquent des commandes de transport de marchandise et d’utilisation de tourelles comme celles du Faucon Millenium. Qu’on pilotera, d’ailleurs. Comme de nombreux nouveaux vaisseaux apportés qu’ils soient rebelles, pirates, civils ou impériaux, aux cotés d’un escadron réactif auquel vous pourrez donner des ordres précis qui peuvent changer le cours d’une mission. Attention cependant à ne pas trop vous approcher des réacteurs d'un vaisseau capital, ça brûle ces choses-là.

 

Le jeu a bénéficié du même amour pour la trilogie que son ancêtre. La profusion de détails est impressionnante. Ainsi, il se dote d’une campagne solo passionnante à tout point de vue, inédite, très progressive et naturelle, multipliant les références et les cross-over subtils avec le reste de l’univers. Comment un simple pilote de cargo comme vous peut-il être amené à joindre la Rébellion contre les autorités établies ? Si les débuts dans l’entreprise familiale restent modestes, ils gagneront rapidement en puissance pour finalement vous amener dans l’Alliance et enfin, délivrance, utiliser de vrais appareils de combat !

 

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Cette chose est opérationelle !

 

Le soin apporté à l’ambiance et au respect de l’univers est pharaonique. Vous êtes dedans il n’y a aucun doute. Les intenses batailles que vous livrerez sous les plus belles musiques de la série seront ponctuées des très nombreux commentaires de vos commandants qui devront improviser de nouveaux plans de bataille – et oui, les rebelles doivent souvent fuir face à une armée impériale à la puissance de feu supérieure- mais également de vos équipiers d’escadron qui n’hésiteront pas à demander de l’aide, à signaler des arrivées d’engin impériaux, de chambrer les ennemis, de vous féliciter pour un tir réussi voire de se féliciter eux-mêmes ou de pousser leur cri d’agonie.

 

Toutes ces petites attentions  rendent incroyablement vivante une histoire originale suffisamment bien construite pour créer des liens logiques avec les œuvres de l’univers étendu et la trilogie originale des films. Chaque chapitre est un véritable théâtre finissant en orchestre symphonique vidéo-ludique. L’apothéose étant atteinte avec la bataille d’Endor que l’on verra en trois parties : sous les yeux du héros luttant contre l’écran de chasseurs TIE et cherchant à abattre l’Executor, puis dans la peau de Lando Calrissian fonçant dans les coursives de la station sphérique en compagnie de Wedge Antilles - le soucis du détail va même jusqu’à faire tirer Antilles d’abord pour ensuite vous donner la possibilité d’anéantir le cœur du réacteur, le tout sous écoute radio incluant des citations du film !

 

Un X-Wing upgradé. Le meilleur simulateur de vol spatiaux de Star Wars.

 

Quand, à l’évocation d’un jeu, votre premier souvenir est votre déconfiture face à l’apparition d’un super destroyer stellaire sous la panique du reste de votre escadron chargé de défendre une corvette rebelle désormais condamnée, dominé par la Marche Impériale, et que vous reprenez vos esprits sous les injonctions de votre commandant annonçant la sortie de hangars de multiples intercepteurs, vous savez que vous allez y rejouer. Maintenant, d’ailleurs.

 

Prochains kilomètres du marathon à franchir sur la série des Rogue Squadron !

 

Rédigé par Youe

Publié dans #Ludus

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Darkkeeper 11/07/2010 21:57


En tant que grand fan de Star Wars, j'essaierai de découvrir ces jeux que tu décris si bien. Pour ma part, les jeux video SW qui m'ont marqués c'est les Lego SW et SW : Empire at War.


Youe 11/07/2010 22:46



Et tu as bien raison !



Shrykull 07/07/2010 09:52


J'attends avec impatience ton prochain billet sur les Rogue Squadron(le jeu qui m'a dépucellé en vidéoludisme d'aviation sur PC ;D )
Le jeu buggait souvent du coup je n'y jouais pas longtemps mais il roxxe le poney. En revanche, tu vas t'amuser sur les TB-TT (ou chiens en métal), ma hantise pendant trèèès longtemps. Si tu n'as
pas encore joué au jeu bien sûr (ce dont je doute fort).


Youe 11/07/2010 22:45



Oui c'est un marathon des jeux auxquels j'ai joué et re-joué. Je n'avais pas trop galéré sur les pattes des TB-TT sauf à un endroit où ils arrivaient par deux et c'était déjà plus tendu.