Muramasa : The Demon Blade

Publié le 6 Janvier 2010

Il s'en passe plein de choses en ce taciturne mois de Janvier. Il neige sur Lyon, ce qui comme chaque année ne manque pas d'affoler la ville entière, causant ralentissements voire fermeture de certains transports en commun. Je suis de retour dans une unité d'hospitalisation que je connais bien, et donc au lieu de me faire baver dessus par des enfants je vais me faire insulter par des adultes déments. Heureusement il y a aussi des points positifs. Par exemple, je choppe une récompense sur le blog d'un masochiste marchand de légumes, ce qui fait très plaisir et qui donne envie de se caresser devant un mirroir en si disant qu'on est beau et fort. Et puis on m'a offert le dernier jeu Wii qui fait parler de lui dans les chaumières numériques : Muramasa, the Demon Blade. Que j'appellerais dorénavant juste "Muramasa" puisque de toute façon tout le monde fait comme ça.

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Alors, Muramasa, c'est un shoot'em all en deux dimensions dans un univers japonais. Cette phrase donne envie de fuir, j'en suis conscient, donc je développe :

Moho2KitsuneLe shoot'em all est de bonne qualité. Simple à utiliser, les coups sortent et s'enchainent de façon fluide, cohérente et élégante. En outre, selon les ennemis que l'on vainc et le style que l'on a mis dans notre combat, on gagne plus ou moins d'expérience qui fera monter notre personnage de niveau. L'aspect jeu de rôle s'arrête ici puisqu'on ne gère en rien les statistiques de notre personnage, mais il est bien là et c'est agréable de sentir une progression.

Deux dimensions ne signifie pas baclé. C'est même le contraire. Mais je ne m'attarderais pas sur ce point puisque toutes les critiques qui existent ont déjà fait couler des litres d'encre à propos de la beauté du jeu. Je me contenterais donc de dire que j'ai souvent l'impression de proresser dans des tableaux aquarelles vivants, ma rétine me remercie encore. Le jeu en 2D revient doucement à la mode. Et c'est bien.

Enfin, univers japonais n'est pas synonyme de manga de mauvaise facture. L'histoire du jeu se situe dans le Japon des années Shogun. Comment le faire bien comprendre au joueur ? En le plongeant dans le folklore de ce pays. Le style graphique, les deux scénarii simples sous forme de fable traditionelle, l'environnement de l'île, les musiques, les adversaires... Plein de détails qui rappellent qu'on est dans le pays du soleil levant.

Par exemple, pour forger ses sabres maudits, on a besoin d'esprits et d'âmes au sens shintoïste du terme, que l'on prendra aux ennemis, tour à tour des esprits fantômes revenchards, des tengus, des ninjas, et autres bestiaux de la superstition nippone dont je ne connais pas le nom. D'ailleurs, tout les noms sont les noms japonais, ce qui me pose encore quelques légers soucis pour m'y retrouver dans les différentes provinces du jeu. Yamashiro, c'était à gauche de Yamato ou au sud d'Owari ? Bon, finalement je vais me reposer et regagner mes points de vie, pardon, mon feu vital, dans une source d'eau chaude. Ou bien vais-je me concocter des bon petits plats japonais qui donnent envie tellement ils ont l'air bon ? Non, je préfère la source d'eau, d'autant que j'y ai croisé la dernière fois une jolie jeune fille muette en serviette de bain, j'aimerais bien la revoir.

Et comble du bonheur, les voix japonaises sont gardées intactes dans le jeu. Là où je ne supporte d'habitude pas ce dialecte dans les jeux vidéos, ici c'est un vrai régal de les écouter et on se surprend à penser qu'il aurait été un crime de les ôter.

Kisuse
Nous avons donc affaire ici à un univers parfaitement maîtrisé et cajolé, où chaque détail a été l'objet d'une attention particulière. C'est un excellent début que beaucoup de jeux ratent, mais un beau jeu immersif ne fait pas forcément l'habit du moine. Alors, est-ce qu'on se fait chier en jouant ?

L'action peut en effet sembler répétitive, comme dans tout shoot'em all. Et pourtant après deux heures de jeu au total je ne me suis encore pas lassé. Entre les niveaux à parcourir, les objets et âmes à récolter, et les batailles toujours très jolies et défoulantes, la sauce sushi prend vite et bien. Le tout est desservi par des contrôles simplissimes, la marque des excellents jeux. La totalité des coups normaux sont délivrés avec un seul bouton, plus un bouton pour les objets, un bouton pour changer son arme, un bouton pour le coup spécial du sabre. Simplissime, efficace, jouissif.

Et simplicité ne rime pas avec pauvreté (enfin si techniquement ça rime mais vous m'avez compris) puisque le nombre de coups différents est tout à fait déçent d'ailleurs je ne m'amuserais pas à les compter d'autant que je ne suis pas certains de les avoir tous découvert. J'ai vu des trucs en vidéo que je ne sais pas faire, donc voilà. M'enfin, déjà avec ce que je sais faire, les ninjas qui osent s'en prendre à moi dégustent sévère. Entre les combos parfois étonnament élevés, les attaques spéciales de mes sabres et le défouraillage rapide (des dégats de zone quand on change de katana), la danse des lames est bien rythmée.

Ensuite, au second plan mais important, la forge d'armes. Muramasa permet au joueur d'emporter avec lui trois sabres. Chaque sabre possède un pouvoir particulier. Et chaque sabre peut se rompre à force d'utilisation. Au joueur d'interchanger intelligemment ses armes pour utiliser leurs aptitudes et éviter de les casser trop souvent. A chaque fin de chapitre, on affronte le méchant final, et la victoire est récompensée par un nouveau sabre que l'on ajoute à sa collection. Et ainsi de suite. Mais il existe une autre manière de diversifier son arsenal. Il faut pour cela récolter des esprits qui permettront de forger soi-même un katana à débloquer parmi plus d'une centaine, si l'on rempli les conditions. Un coté collectionneur-pokémon qui en ravira certains. Je n'ai personellement pas encore utilisé cette option, les sabres obtenus sur les boss principaux et facultatifs me convenant déjà.

Mohoime
On en arrive à la bataille que les hardcore gamers ont portés sur les années deux-mille : la difficulté des jeux. Quand j'ai vu Muramasa, j'ai eu l'idiot réflexe de penser que ce jeu, réçent, était forcément facile. Deux difficultés sont proposées, changeables à tout moment du jeu : Muso (normal) et Shura (dur). En gros cake, j'ai direct utilisé Shura. Tout se passait bien jusqu'au premier boss. Et là j'ai été contraint de mettre mes testicules de coté et d'abaisser d'un cran la difficulté. A présent, tout va bien, c'est presque trop facile même s'il faut que je me concentre un peu pendant certains passages. Les hardcore gamers sont donc rassurés, le challenge est au rendez-vous. Et s'ils geulent toujours, ce qui est probable puisqu'ils aiment ça, il existe une difficulté supplémentaire à débloquer. Il paraît qu'i ls'agit d'un mode "survivor" où chaque coup vous est fatal. A bon entendeur...

En somme, Muramasa est un jeu que j'ai du mal à classer. Clairement il ne fait pas parti des jeux fleurons du jeu vidéo. Il ne fait pas non plus parti de ces jeux mainstream qu'on oublie deux mois après les avoir fini. Pour autant son concept et sa réalisation sont carrés comme des poissons pannés, il n'est donc pas un ovni ludique. Alors ?

Alors c'est un très bon jeu, très entraînant et plein de poésie, sur lequel on reviendra se défouler de temps en temps en se laissant envoûter chaque fois par son atmosphère. Si vous avez été dégoûté du Japon par la vague trop hypée de Naruto, Muramasa est le remède qui va vous réconcilier avec le charme indiscutable de ce pays.

Rédigé par Youe

Publié dans #Ludus

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raspy 07/01/2010 17:06


En fait le système de combat est plus subtil et plus "vivant" que celui des DMC ; simplement parce que l'esquive n'interrompt pas les combos et que la palette de coups est dementiellement
longue.

Pour te donner une idée, je ne suis pas à la moitié du mode normal, sans aucun powerplay, et j'ai déjà 4 armes différentes. Bayo utilise deux armes en même temps (poing et pied), sachant que j'ai
déjà une arme capable de changer de type de dégât, et que trois armes sont dispo à la fois pour les pied et les poing en plus des flingues de bases...

Le gros reproche que je ferrais à bayonetta c'est l'absence d'endroit pour s'entrainer (en dehors des loading, qui sont trop court pour rééllement s'entrainer...).

Sinon disons que c'est un DMC que quand t'es devant tu te dis pas "encore un DMC..." :)


raspy 07/01/2010 00:15


C'est marrant, toi t'es sur Muramasa et moi sur Bayonetta :p


Youe 07/01/2010 16:40


Bayonetta j'avoue je comprend pas pourquoi tout le monde est fou de ce jeu. Faudrait que j'essaie un jour parce que de loin on dirait un rip-off de Devil May Cry avec juste une bimbo aux gros
seins. Ce qui n'est pas un inconvénient ceci-dit. ENfin bref je pense que y'a un truc qui m'échappe mais bon je connais personne qui a une xbox et ce jeu dans mon entourage alors ça restera un
mystère pour moi.


Maxobiwan 06/01/2010 19:41


Shoot them all ? J'étais à deux doigts de crier OBJECTION (j'ai compris shoot them up)... Je pense que le terme approprié était beat them all.

C'est assez rare de voir des jeux typiques "vieille culture poesie japonais assumé"

Sinon, c'est un très magnifique jeu qui a été boycotté par des connards de boutiques de JV en Angleterre : ils n'en voulaient pas car d'après eux, le public n'en voulait probablement pas. :(


Youe 07/01/2010 16:38


Effectivement, le terme est "beat'em all". Je me suis embrouillé les pinceaux, mais je suis content de voir quelqu'un vouloir crier "OBJECTION" !
Je n'étais pas au courant du "boycot" anglais mais bon, si le jeu se vend bien ailleurs en Europe, je pense pas que les revendeurs dénigrent plus longtemps une occasion de se faire de la money.