Notes sur le baccalauréat, deuxième partie

Publié le 26 Novembre 2009

La suite d'un texte super personnel qui est en fait un travail de ré-écriture. C'est autobiographique et comme je suis pas connu ça va intéresser personne sauf ma maman, mais elle ne connaît pas mon blog, c'est par conséquent un véritable article dans le vent. Rassurez-vous, il n'y aura plus qu'une troisième partie et après c'est fini.Tintin revient dès samedi.

 

Ah, une ellipse temporelle d'une durée indeterminée sépare la première partie de cette suite.

 

 

Chapitre deux : épreuves pratiques


 

 

A l’heure où j’écris, nous sommes à la veille des travaux pratiques de physique et de biologie. Je viens de réaliser les deux épreuves sportives du bac. J’ai aussi bien joué au handball qu’une taupe hémiplégique à qui on aurait enfoncé un pieu dans un œil. Je hais le handball. Bref. Je n’ai encore rien révisé. Plus tard. Stressé ? J'ai déjà été en meilleur forme. La pression est surtout au niveau de la physique puisque je joue quatre putains de points de la matière sur la fameuse « épreuve 68 ». Un travail raté équivaut à être noté sur seize le jour de l’examen théorique. Youpi ! Mais comment réviser ? A moins d’être un passionné ou d’être un peu taré et les deux sont souvent liés, on n'a pas d’éprouvettes à la maison, pas de tubes à essais, pas de protocoles à suivre, pas de systèmes de chauffages bizarres. Alors on apprend le nom des verreries, certaines données comme les valeurs des points d’ébullitions de l’eau selon l’échelle utilisée… En priant pour tomber sur un professeur sympathique. De par les bruits de couloirs et des analyses détaillées des impressions des différents élèves, j’en arrive à la conclusion  rigoureuse que de par chez nous seul un professeur est vraiment infâme.

 

Ce qui a été très aléatoire aussi c’est d’avoir réussi à obtenir nos horaires de passage. On a bien failli échouer.  Connasse de professeur principale qui a cru que notre emploi du temps devait être gardés sous silence comme si c'était la reçette du Coca. Après un dur labeur, j’ai eu la joie de constater que mes horaires m’obligeaient à rester au lycée toute la journée. Dans un lycée vide et ne proposant plus aucun cours. Double joie. Les matières scientifiques se sont simplement arrêtées, quand aux quelques cours de philosophie qui manquaient, rions quelques secondes mais soyons sérieux : un enseignant en philosophie, à l’approche du baccalauréat, n’a plus aucun pouvoir sur ses classes scientifiques. Un peu comme s'il était entouré en permanence de kryptonite.

 

 

Ellipse de quelques jours

 

 

Voilàààà, les travaux pratiques sont finis, les oiseaux chantent, mon tabouret est prêt et j'ai commandé ma cooorde !

 

Arrivé une heure en avance sur le site, j’en profite pour réviser les détails de dernière minute. Mon estomac n’a fait que deux nœuds, tout va bien. Ah, j’ai oublié une blouse blanche. Troisième nœud. Heureusement un ami m’en prête une.  Heureusement parce qu'en fait elle sert autant qu'un briquet dans l'océan. Nous sommes quatre ou cinq à discuter dehors, et plus ça va, moins ça va. On s’aperçoit vite qu’on est tous dans le même état anxieux. Puis, neuf heures sonnent. Enfin elles ne sonnent pas vraiment mais on regarde tous nos montres toutes les cinq minutes depuis une heure. Nous nous rendons dans le couloir pour notre première boucherie. Un vrai poulailler. Tant de gens ! Au détour d’un coup de coude et d’une bourre de l’épaule, je croise un ami, qui vient de passer, et qui me procure de précieux conseils. J’en prends bonne note (en espéreant avoir une bonne note, jeu de mot sponsorisé par Heurtardiv™) et continue de nager vers ma destination, une petite salle mal desservie par une unique porte. Mission : annoncer clairement mon nom et ma classe. Jusque-là, pas de difficultés. Puis, tirage au sort d’une épreuve parmi les quatre proposées. Six si la biologie est votre enseignement de spécialité mais chez nous c'est la spécialité choisie par les branleurs et je suis suffisamment con pour avoir pris les maths. Décidemment, le hasard joue un grand rôle. Je mets quelques secondes pour comprendre que le petit sac noir tout droit tiré d’un jeu de société est l’urne, j’y plonge la main et attrape un bout de papier. Bout de papier, tu joues sur mon appréciation de biologie alors ne vient pas foutre la merde, bout de papier. Je le retourne. Surprise, ce n’est pas un anonyme numéro mais bien un intitulé qui est inscrit derrière. Sujet facile ! Mon cœur bondit. Et, bonne coïncidence, les conseils qu’on m’a prodigué au détour d’un couloir vont m'être utiles ! Tant de chance d’un seul coup, c’est fou, je suis pas habitué.

 

On me dirige vers la salle des épreuves. Je ne connais pas tout le monde, mais deux têtes me disent  quelque chose. Ca rassure. C’est irrationnel, mais ça apaise de voir des visages familiers. Devant moi, un microscope., moins familier. Récapitulatif interne et rapide du comment de l’utilisation de l’appareil. Puis, lecture du protocole. On me distribue un papier calque et un graphique curieux. What the… ? Ah oui ça peut servir pour la quatrième question. Enfin je me serais débrouillé sans. Du coup ça m'inquiète. En fait ça me déstabilise, même. J’allume le microscope, je règle… et je vois rien. Classique, normal. Je galère deux bonnes minutes à trouver un saleté de lymphocyte. Je le mets bien au centre, devant la petite pointe noire histoire de démontrer que ouais, je l’ai pas choppé par hasard, je suis un boss, je maîtrise la biologie. Je commence à lever la main mais me fait doubler par le type derrière moi. La dame va le voir, regarde, et lui dit juste « non ». Ok, donc j’arrête de frimer de suite, j'essuie la petite goutte de sueur de mon front et je vérifie tout cinq fois avant de proposer ma version. La plaquette de verre est ainsi vue six fois dans son intégralité. J’ai l’impression de devenir fou. Finalement, j’ose. La dame regarde, et me répond en murmurant un petit « ok » et repart aussi sec. Je prends ça comme quelque chose de positif et je continue. Un schéma un tableau des légendes. Je suis paumé. J’invente donc un peu, même si à mon avis un ribosome sur un plasmocyte, ça n’existe pas (ndla : à l’attention de mes potes futurs-médecins, si vous lisez ce texte : vos gueules, j’étais jeune, ignorant et je niquais tout le monde à Unreal Tournament, d’accord ?). Ensuite il faut créer un tableau comparatif. Super facile sauf que c’est à nous de trouver des critères pertinents. No soucis, et d’une et deux et j’embobine le monde. Ca roule. Enfin surtout mon estomac. Entretemps, deux élèves sont sortis après avoir finis leurs épreuves. Ca provoque quelque peu notre stupeur. Tout se finit heureusement plus vite que prévu et je quitte la salle en ayant le sentiment de ne pas avoir trop raté. La basse-cour du couloir est toujours présente, mais je m’en fous, j’ai passé mon épreuve, qu’ils aillent mourir. Les gens que je connais me posent plein de questions. J’essaie de les renseigner au mieux et leur donne le maximum de réponses que je sais être juste. Etrangement les mots me manquent, j’ai encore la gorge un peu serrée. Pourtant, le pire reste à venir, à savoir l’épreuve de physique chimie. A la fin de la journée. Cool. J’ai le temps de décompresser.

 

Une journée entière passée dans le vent. Enfin, pour être exact, il restait un ultime cours d’histoire. Nous étions huit. Au lieu de dormir dehors j’ai donc roupillé à l’intérieur. A la cantine, c’est désert, les seuls présents sont ceux attendant leur épreuve comme moi ou ceux attendant un moyen de transport. (ndla : oui le lycée était très, très isolé, il fallait obligatoirement un véhicule pour rentrer chez soi). Heureusement un bar pas loin permet quelques divertissement. Mon premier billard. Mais chaleur insupportable. On perd deux kilos d’eau. Et, enfin, l’heure de la physique.

 

 

 

 

Comme pour la biologie, on a droit à la petite salle avec énoncé du nom et de la classe. Seule différence, l’épreuve est déjà choisie. « 68 », chiffre-destinée ! Cette fois-ci, je connais tout le monde dans la salle. Bonus de sérénité. Devant moi, un putain d’oscilloscope. Je bénis notre classe d’avoir demandé un cours de dernière minute à ce sujet. Mais çe ne me suffit pas. Je n'ai jamais rien compris à ces machines qui constituent pour mon esprit une sorte de bug de l'univers. Premier branchement. Première erreur. Le professeur assure que ce n’est pas grave car n’influençant pas la suite. J’essaie de minimiser le problème, mais m’arrête vite, car je m’enfonce. Puis, série de mesure. Ca m'emmerde déjà. Puis, série de calculs. Puis prise de tension. Celle de la machine, pas la mienne qui est surélevée. Devant moi, deux voltmètres, mais pas assez de fils. Pris d’une folie, je deviens Mac Gyver et débranche temporairement l’oscilloscope pour prendre les mesures nécessaires. Je suis fort, je suis débrouillard, j'ai besoin de moins de fils que les autres, ça me dérange pas ! Le professeur vient me voir et me demande pourquoi j’ai débranché l’engin. Et moi de lui répondre tout naturellement qu’il me fallait les fils pour les voltmètres. Et lui de me répondre qu’il ne fallait pas les utiliser. Rage, envie de baffes. Dans ce cas pourquoi les avoir mis sur ma table bien en évidence espèce de bande-mou ? Pire encore, je n’en ai pas un mais deux sous les yeux, so what the fuck ? Il me précise qu’il faut utiliser… l’oscilloscope. Je fais la mine du type qui a pas compris – ce qui, du reste, est vrai – mais qui peut tout à fait gérer avec appareil de l'Enfer sans problème –ce qui est moins vrai. Miracle, j’y parviens. Damnation, je me plante d’unité de mesure. Pom pom pom. La suite n’est qu’une série de catastrophe puisque je me révèle incapable de faire certains calculs et qu’évidemment les résultats de la question un servent pour la question deux et ainsi de suite. En sortant, cependant, mon pote qui était le plus devant le bureau du professeur m’indique avoir aperçu les notes. Je serais le mieux noté de la salle avec une douzaine de points. Je suis sceptique. Et je suis sûr que la physique, c'est de la merde.

 

Quelques jours plus tard on apprend que les moyennes des travaux pratiques ne volent vraiment pas haut. Envies de meurtres. Tout défile et c’est vrai que même la biologie qui m’a semblé facile pouvait comporter son lot de pièges. C'est sympa ça met bien en confiance pour les vraies épreuves théoriques.

 

Argh.

Rédigé par Youe

Publié dans #Dixi

Repost 0
Commenter cet article

Ash 30/11/2009 23:16


Oui oui je me souviens très bien d'Alex ^^


Ash 29/11/2009 13:55


Ah ouais ca me rassure que tu te sois inspiré d'un texte existant car je me souviens pas de grand chose personnellement de ces TPs :)


Youe 30/11/2009 01:29


Ah oui 70% du texte a été écrit en 2003, sinon laisse tomber je me souviendrais de presque rien... rien que le nom du brave type qui m'a aidé je m'en souviens plus... Alexandre, je crois ? Celui
qui a fuit notre classe de Terminale juste à cause de la prof. de mathématiques, il avait une voix un peu pharungée d'ailleurs.