Notes sur le baccalauréat, première partie

Publié le 13 Novembre 2009

Un article un peu spécial puisqu'il s'agit surtout d'un travail de réécriture. Pour du contenu moins dense, et moins personnel pas de panique, la quatrième épisode de Tintin au Soleil arrive demain, et il donne mal à la tête.

 

Ceci est un travail d’actualisation effectué sur mes notes originales où j'avais couché par écrit mes impressions de la période précédent l’examen du baccalauréat. Il s’agit d’une retranscription aussi fidèle que possible mais en la rendant lisible sans être trop typé journal intime. C'est décousu, mais elles datent de 2003, et ma volonté était alors vraiment d'écrire un ressenti sans le structurer. Ca me détendais un peu j'imagine. J'ajouterais un final rétrospectif.

 

 

Chapitre un : lotterie et bac blanc

...

 

D’or et déjà, autant éviter d’évoquer la pression mise sur le dos des pauvres prétendants au bac. Si les professeurs ne suffisaient pas, les parents s’y mettent avec zèle. Par instants… même souvent… en fait tout le temps, ils nous mettent d’ailleurs plus la pression que lesdits professeurs. Admis, pas admis, mention, pas mention, travail, avenir, mathématiques (je suis en série scientifique)… c’est dans ces conditions que nous révisons.

 

Et réviser quoi ? On a compris durant le cours de l’année scolaire l’intérêt primordial des fiches, qui évitent la relecture incessante des cours de dizaines de pages en les remplaçant avantageusement par cinq ou six résumés format réduit. Cependant, que faire face à nos dizaines – voire centaines pour certains, j’en suis sûr – de petites fiches cartonnées joliment soulignées ? Par défaut, on révise les formules, mais on ne peut s’empêcher de jeter un œil aux manuels scolaires et même à d’autres livres traitant du programme. Puis on passe aux anabacs, qui, enfin, fournissent un socle valable. A ce propos c’est une période ou les devoirs à la maison tiennent une place plus importante que tout le reste de sa scolarité et on se surprend à les faire bien plus consciencieusement qu’on n’en avait l’habitude, même en étant ce qu’on appelle un « bon élève ».

 

Les cours aussi prennent un caractère plus important. Bientôt, les programmes se terminent et les dernières interrogations filent. Interrogations dont plus personne ne se soucient, exceptés les quelques courageux voulant intégrer des boîtes préparatoires recrutant sur dossier. L’objectif n’est plus la moyenne, mais l’obtention d’un diplôme, que diable ! On se fiche pas mal d’avoir dix points sur vingt durant le trimestre, ce qui compte étant les cinq lettres du mot « ADMIS ». Et peu après la fin des cours classiques arrivent les cours dédiés aux révisions, cette fois-ci guidées par les enseignants. Probablement les seules heures de cours accueillies avec joie par les élèves. Surtout en mathématiques et biologie en ce qui me concerne.

 

Mais parmi tout ce bonheur ce cache un vil faquin. Les travaux pratiques ! Je pensais sérieusement qu’en section scientifique on esquiverait ces laborieuses manipulations, me voilà remis à ma place. C’est donc en toute fin d’année qu’on prend conscience que l’on ne s’est pas très, très bien renseigné sur le sujet. Et puis après quelques réflexions et recherches on s’aperçoit qu’il n’y a finalement pas grand-chose à faire. Un beau jour, le professeur de physique viendra et vous demandera de tirer un numéro dans une urne. C’est rigolo, on dirait une loterie, sauf qu’il n’y a que des perdants. Notre tirage s’est déroulé de façon peu orthodoxe, puisque c’est le bouche à oreille qui nous a mit au courant. Pas d’annonce, pas d’affiche, rien. Connaissant l’organisation de notre professeur de physique et chimie, cela ne nous étonne guère. Ainsi, accompagné d’un ami, nous apprenons cette nouvelle assis sur une table en pierre, profitant à la fois du calme relatif de la cour de récréation déserte pour réviser, et de la chaleur ambiante pour nous relaxer. Oh, et des deux jolies filles en face de nous, aussi.

 

Au début, nous croyons à une blague. Mais du coin de l’œil, nous apercevons notre professeur nous faisant un signe de la main. Mon ami entre en premier. Plusieurs enseignants sont assis en cercle sur leurs fauteuils et rigolent de notre potence et, sans doute, de notre air ahuri. « Allez, tirez à la loterie ! ». « Des paniers garnis à gagner ! ». Après un échange de regard dubitatif sur le goût de ces tirades, nous comprenons qu’elles sont autant destinées à nous qu’à notre maître qui, rigolant timidement, nous tend le panier. Même sachant cela, ça m’énerve quelque peu qu’on s’amuse à nos dépens. Depuis quand les bourreaux rient de la peine d’un condamné ? Ah, on me souffle que ça se fait depuis toujours. Autant pour moi. Je fais donc abstraction de ces idiots et tire la petite feuille de papier peu après que mon ami ai fait de même. Il tire le « 79 ». Je tire le « 68 ». Grincement de dents. Je n’aurais pas eu la chance toute relative de tomber sur le « 69 » et d’avoir le privilège de faire des blagues nulles. Tant pis. Je signe sur une feuille, et après un au revoir des plus chaleureux, nous fuyons la salle. Je ne sais donc pas quelle épreuve j’ai tirée. Mais la conclusion, c’est que plusieurs points du bac se jouent ici, à la lotterie. Si on tire un sujet facile, c’est gagné. Sinon, on l’a dans l’os. Génial.

 

On apprend dans la foulée qu’il existe aussi des travaux pratiques de biologie, mais qui ne comptent pas dans la note finale, elle servira juste à évaluer l’appréciation. On est bien content de le savoir. Rétrospectivement il s’avérera que c’est effectivement tout à fait inutile, mais sur le coup, on a envie de flairer le coup tordu, et on révise quand même pas mal. Tss. Ca me rappelle le bac blanc, censé nous donner une vision objective de notre niveau pour le bac. Conneries. Dans notre lycée, le lycée Renée Dayve au Fayet, Haute-Savoie pour ne surtout pas le nommer, la tradition est de créer un bac blanc excessivement difficile, avec une notation ridiculement sévère. Du moins, pour les matières scientifiques. Ainsi, en biologie et en mathématique, sur l’ensemble des terminales scientifiques, la moyenne n’était pas obtenue. En fait, la moyenne en maths était de quatre. Sur vingt. Sauf qu’au lieu de stimuler les élèves, ça aurait plutôt tendance à les déprimer et à inciter certains d’entre eux au suicide. Bonne méthode. J’apprends durant ce bac blanc que si je devais avoir mon bac, ce serait grâce aux matières… non scientifiques. Gratifiant.

 

Arrivent les vacances et ce mythe des étudiants qui bossent pendant deux semaines entières. Non, les plus mauvais élèves bossent une semaine, et les meilleurs, ayant moins de pression bossent trois jours. Et ça suffit. Mais on flippe quand même. Ma source est sûre, elle vient des mamans. Comme on a celles qui exagèrent tout et celles qui au contraire rabaissent toujours leur gosse, je pense que c’est représentatif et assez juste. 

 

A suivre : les travaux pratiques de physique et de biologie

 


Note : Ahah sur le site du lycée on peut avoir un aperçu... des salles rénovées il y a deux ou trois ans. Pourquoi ne pas exposer également le reste de l'édifice, non rénové, et complètement pourrave ?

Rédigé par Youe

Publié dans #Dixi

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Melow 13/11/2009 19:41


Ça n'a pas grand chose à voir avec ton article mais parler du bac m'a donner une idée stupide : reprendre au pif des vieux bulletins de notes trimestriels de collège/lycée et de les commenter (voir
même les notes du bac mais là il n'y a pas de commentaires des profs avec alors c'est moins drôle).


Youe 13/11/2009 22:15


Idée marrante, surtout si t'a eu la chance d'obtenir des commentaires originaux de la part de tes profs. Les miens étaient peu imaginatifs.