Notes sur le baccalauréat, troisième partie

Publié le 12 Janvier 2010

Voilà, la dernière partie de ce que j'avais écrit au moment de / après avoir passé mon baccalauréat, cet examen si important qui permet un tas de choses en France, comme continuer ses études... ou continuer d'autres études. Un texte rescapé de mon formatage grâce à la mauvaise habitude que j'avais à l'époque de créer des sites bien pompeux pour des sujets bien stupides. C'est beaucoup, beaucoup plus court, on sent que je commençais à saturer et que même l'écriture me gonflait.

Les prochains articles seront un peu moins personnels, ça parlera peut-être même de vidéos !

 



Chapitre trois : dernière ligne droite

ClasseVide

Ellipse temporelle indeterminée. 


Les derniers cours ont eu lieu. Hier, nous étions à peine cinq en classe. Ce qui est beaucoup, considérant que, par exemple, ce chiffre s’est réduit à trois pour le dernier cours, celui de philosophie. Quelle blague. Que dire, sinon que l’ambiance est très spéciale. Tout est différent. Les professeurs nous prodiguent leurs derniers conseils, qui d’ailleurs s’avéreront complètement bidons, mention spéciale à notre professeur d’histoire-géographie et son magnifique discours affirmant que les villes africaines ne tomberont jamais. Il n’y a plus le brouhaha habituel du fond de classe qui donne son charme à l’ambiance scolaire, les exercices s’enchaînent à une vitesse que ne dénigrerait pas un éjaculateur précoce… Au lieu de saluer un professeur à la fin d’un cours, on lui fait presque un adieu et ça fait tout bizarre. Dans un autre registre, fini la recherche longue et douloureuse d’une place à la cantine qui mettait à l’épreuve notre sens de l’équilibre du plateau-repas illicite avec les deux desserts qu’on avait calé dessous. Lorsque je me « promène » dans les couloirs seul pour rejoindre une salle, je ne vois plus l’intarissable flot d’élève entrant et sortant de classe. Seulement quelques-uns, attendant devant une porte ou assis sur les marches des escaliers en pierre. Dehors, le lycée est désert. Désert.

 

Les deux dernières heures de physique m’ont parues très, très courtes. Nous sommes arrivés en retard en philosophie et il a fallu qu’une amie attire le regard du professeur pour que celui-ci nous remarque au travers de la vitre de la salle des professeurs. Même le professeur avait laissé tomber l’idée de son propre enseignement. Il nous a fait « cours » dehors. Un cours magistral devant donc trois élèves comme les penseurs antiques grecs l’auraient aimé, puisqu’il fut une longue conversation. Ils n’auraient peut-être pas approuvé, en revanche, que ladite conversation parle de tout sauf de philosophie.

Il fait très bon. On ne va plus à la bibliothèque, on préfère discuter ou dormir à l’extérieur. Les heures n’ont plus de réelles significations. C’est un moment intemporel, avec trois personnes réunies dans un même espace où il fait bon vivre et où, même si le stress devrait être omniprésent, une atmosphère campagnarde à la Marcel Pagnol détend les gens. L’agréable chaleur, avec cette petite bise douce qui effleure la peau, le parfum de l’air qui sent bon l’été naissant, les conversations anodines, allongés que nous étions sur ces fameuses tables en pierre, et même le silence contemplatif alors que la poussière de la cour virevoltait en de petits tourbillons, finissent de graver dans mon esprit ce qui se révèlera un atypique et heureux souvenir.

 

Nous avons par ailleurs reçu cette fameuse feuille que l’on appelle « dossier scolaire ». Sur cette feuille, il n’y a que quelques ratures qui semblent importantes. Les notes du BAC de sport entre autres. Mais, surtout, l’avis du sacro-saint conseil de classe relativement à l’obtention de notre BAC. Il y a quatre catégories d’élèves. Ceux pour qui le conseil est très favorable à l’obtention du diplôme. Il s’agit de ceux qui de toute façon n’avaient pas besoin de se l’entendre dire, cette mention étant réservée au top cinq de la classe. Juste après, ceux à qui le conseil n’est « que » favorable. Puis, ceux à qui il est « assez » favorable. Nuance, nuance ! Enfin, en dernier, ceux à qui il demande de faire leurs preuves le jour de l’examen. Ce qui se traduit en français par « Nous pensons que vous ne l’aurez pas mais on n’aime pas se mouiller alors allez-y, tentez votre chance ». Le stade fatidique des moyennes habituelles est franchi : à compter de ce jour, il n’y aura plus aucun avis des professeurs, plus aucune note, plus aucune évaluation, plus rien. Seulement ce classement, résultat de notre labeur annuel, et cette pensée qui ne sort pas du crâne et qui, même, s’y enfonce douloureusement : le BAC.

 

Et cette semaine, je suis en « vacances provisoires ». Une semaine de fausse liberté pour réviser. Le BAC semble décidément trop proche. Plusieurs catégories d’élèves se forment et elles n’ont rien à voir avec l’avis du conseil de classe. Ceux, en minorité, qui aimeraient pourvoir reculer, craignant l’échéance et regrettant la tranquillité relative des années précédentes. D’autres, la plupart, ont une sérieuse volonté d’en finir. D’en finir avec cette maudite pression, ces examens, ce Ô combien important diplôme, le lycée, les études rébarbatives… Il y a aussi ceux qui souhaitent en finir rapidement et réussir le BAC dans le seul but de passer des vacances tranquilles le cœur léger. Et il y a ceux pour lesquels tout cela est mêlé. Et j’en fais parti. Bon. Je vais réviser. Sigh.

Rédigé par Youe

Publié dans #Dixi

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Commenter cet article

Melow 13/01/2010 02:43


Quel élève sérieux ! t'es allé en cours alors qu'il n'y avait plus personne, c'est courageux xD


Youe 13/01/2010 21:25


Gna gna moque-toi ! :p
Enfin c'est vrai que si je pouvais remonter dans le temps je me mettrais des baffes. Dommage que je n'ai pas de Delorean.