Marathon vidéoludique Star Wars, borne 21km

Publié le 1 Décembre 2010

PDLF

 

Ce jeu cumule un certain nombre de potentiels dantesques. L’idée de base est déjà foutrement alléchante : être dans la peau d’un Jedi et manipuler la Force non pas par des pouvoirs prédéfinis mais bel et bien en interagissant librement avec l’environnement.  Ajoutez à cela que le scénario a de quoi faire baver puisqu’on parle ici d’un apprenti secret du plus effrayant des Seigneurs Noirs. Vu de loin ça reste osé : il fallait avoir des corones pour agir de cette manière sur la trame originale, inventer cet apprenti est autrement plus téméraire que de sortir un énième chevaliers mystique isolé qui a oublié ses pouvoirs pour échapper à une purge Jedi qui ne s’est pas révélé si efficace que cela si l’on en croit les histoires parallèles. Osé, mais pas trop, et dans l’absolu l’existence de cet apprenti peut apporter beaucoup à l’univers sans bouleverser les fondements déjà établis, un peu à la manière d’un Soleil Noir des Ombres de l’Empire. Non et puis l’avantage qu’on attend au tournant, c’est que d’être dans le camp des méchants peut sous-entendre des trahisons et des manipulations à foison, y compris venant de notre personnage, chose impensable chez un bisounours de la lumière.

 

Ce jeu a pourtant reçu un accueil très mitigé. Si le grand public adore – mais en tant que fan snob élitiste méprisant et méprisable, je signalerais qu’il avale souvent n’importe quoi – les critiques de jeu et les suivants de la religion Star Wars ont parfois grincés des dents pour des raisons très diverses. Autant annoncer la couleur de suite, je fais parti des grincheux… qui ont aimé le jeu.

 

En tant que fan de l’univers, difficile de ne pas être pris dans le délire. Après une loooooongue installation – mais vraiment, vraiment, je crois que c’est le jeu à l’installation la plus lente que j’ai jamais vu – on navigue dans des  menus rudimentaire qui prennent eux aussi bien leur temps à se mettre en place et on se lance dans l’aventure. Traditionnel mais oh combien identitaire résumé de lettres d’or défilant vers l’espace, puis descente sur une planète… assiégée par plusieurs destroyers stellaires qui lancent des forces d’invasion. Constat : Guerre. Empire. Invasion. Montée d’adrénaline, ça nous change des sempiternels paysans rebelles et leurs trois soldats furtifs. Deuxième scène : la navette lambda atterrit, et le seigneur noir des siths lui-même descend au plein milieu de la bataille pour faire son jogging quotidien. Un commandant impérial baragouine trois syllabes, Vador manque de l’étrangler pour lui signifier qu’il n’a rien à faire de ses conseils stratégiques du pauvre, lui il est là pour du business sérieux.

 

Et là, bim, pas d’apprenti secret, pas de Jedi débutant à peine foutu de porter son arme laser, on incarne l’homme-machine en cape noire (oui, en cape !) en personne au sein d’un premier niveau qui n’est autre que le matage d’une révolte Wookie sur Kashyyyk.  Constat : Dark Vador. Wookie. Baston. Montée d’adrénaline, ça nous change des sempiternelles batailles contre les stormtroopers débiles ou les rats géants des cavernes. En fait, tout est dit : dans ce jeu, vous n’incarnerez jamais un petit débutant et son parcours initiatique, mais toujours quelqu’un qui a un degré plus (Vador) ou moins (l’apprenti) de badassitude. Durant ce premier niveau où vous êtes virtuellement invincible et avez accès à la quasi-totalité des pouvoirs que vous procure la Force, tout est prétexte à vous défouler sans trop comprendre puisqu’évidemment en l’absence total de réel tutorial, vous enchainez plein d’actions cools sans trop savoir comment vous les avez enclenchées. Mais peut importe, vous faites un carnage parmi les boules de poil qui ne peuvent vous opposer aucune réelle résistance.

 

Galen01

Et peuà peu, vous apprenez quelques principes de base. Comment soulever et diriger les objets, utiliser à peu près correctement votre sabre – chose aisé en fin de compte.  Vous comprenez que le moteur physique est une bénédiction puisque c’est trop drôle de suspendre un soldat dans le vide pour le faire tomber après l’avoir un peu torturé. Du pur plaisir de destruction massive sans aucune réflexion, on est Dark Vador, et rien ne peut se mettre en travers de notre route au sens propre du terme.

 

 

La fin de cette petite promenade de santé se termine avec un duel contre un Jedi caché – c’est comme les blattes ces choses, on pense en avoir fini et y’en a toujours une qui sort de nulle part. Après lui avoir mis la pâté non sans avoir noté que ce genre d’opposant était plus coriace que le reste, la cinématique finale nous gratifie de la rencontre entre Vador et son futur apprenti. Où l’on apprend comment le bras droit de l’Empereur peut se permettre de garder un assassin secret.

 

Oh, à ce propos les cinématiques sont nombreuses dans ce jeu, toujours bien réalisées et centrée sur l’avancement de l’histoire entre deux péripéties. A l’ancienne, en quelque sorte.

 

La suite de l’histoire sera très convenue (d'ailleurs on aura le retour des stormtroopers débiles en guise d'ennemis) ce qui sera d’ailleurs reproché par les fans qui attendaient des rebondissements moins évidents, plus croustillants, bref plus subtils. Pour ma part, j’ai apprécié ce qui est, dans la première partie de l’intrigue, ni plus ni moins qu’une version sith de l’aventure du quatrième épisode de la saga. Un vaisseau, un Jedi, un droïde, une jolie fille, une mission lointaine. Bring back memories ? Le Rogue Shadow et son équipage sont un reflet direct de la casserole la plus rapide de la galaxie. C’est agréable de se retrouver dans un si gros clin d’œil. Ma déception viendra dans la seconde partie du développement, à partir du moment où il est montré que le héros est presque à lui seul responsable de la création de l’Alliance Rebelle, jusqu’au logo même de la résistance. Je ne crie pas au scandale, mais la fanatique qui sommeille en moi avait déjà sa version de la création de la Rébellion, de par des intermèdes diplomatiques dans le feutré des sénateurs Organa, Bel Ibis et Mon Mothma. Au moins ces personnages secondaires apparaissent-ils, c’est toujours ça.

 

D’ailleurs parlons un peu du héros, un autre point semble-t-il négatif non seulement pour les fans mais aussi pour les néophytes. Reproche numéro un : son absence de charisme. Et là, j’ai envie de défendre le dénommé Galen Mareck. Oui, son physique est oubliable, et je trouve que c’est une bonne chose. J’aime l’idée que les gens n’ont pas besoin d’être des tueries de classe pour accomplir de grandes choses. Ca attire de suite de ma part un quota sympathie et un quota réalisme.  D’ailleurs, je joue la carte Luke Skywalker, et c’est aussi la base du héros de Dead Space. Non, définitivement, j’aime l’idée du héros qui sort un peu – parce qu’il ne faut rien exagérer, il n’est pas moche ou dysmorphique non plus, ça reste un beau gosse, y’a pas de prise de risque incroyable dans son design- des clichés qu’on nous ressert à chaque sauce dans les jeux vidéos récents où les protagonistes sont de plus en plus interchangeables car de plus en plus similaires. D’ailleurs pour les plus râleurs certains de ses costumes sont très chouettes et claquent bien. Alors par contre, utiliser l’idée du scénario original de Lucas et le surnommer « Starkiller », je ne peux pas cautionner ça, c’est trop ridicule. Par hasard, c’était prévu d’en faire un homme bionique ?

 

Galen03

Notre héros n’est qu’un apprenti, certes bénéficiant des enseignements du plus puissant ex-Jedi de l’histoire, mais pas encore sith pour autant. Vous aurez compris que si le premier niveau est une mise en bouche, un tel niveau de puissance va devoir se mériter pour le reste de l’aventure. On aura donc droit à un réel tutorial et à une progression par niveau à la jeu de rôle avec des points à attribuer dans plusieurs domaines : capacités physiques, combos au sabre laser, et pouvoirs de la Force. Une progression qui sera aidée si vous découvrez les nombreux holocrons cachés qui proposent aussi des bonus intéressants, tels que des cristaux de sabre par exemple. Un sabre qui, tenu de façon bien peu orthodoxe par notre ami, est pour la plus grand bonheur de tous très personnalisable. Vous trouverez sur votre chemin deux types de cristaux : les premiers ajouteront des effets à votre arme : lente régénération de santé, potentialisation des dégâts électriques et j’en passe. Les seconds seront purement esthétiques et vous permettent de varier la couleur, initialement rouge bien sûr. Il y en a pour tout les goûts, ça va des classiques bleus verts et rouges vers le jaune, le mauve ou le doré, avec des petits effets électriques si vous le désirez tout ça. Saurez-vous trouver le sabre-laser… noir (et moche) ?

 

Donc vous avez trouvé un cristal vert, vous voulez changer votre arme, vous ouvrez les menus et c’est le drame. Un drame qui constitue peut-être l’une des principales critiques techniques du jeu qui a été codé avec des orteils amputés. Les menus sont affreusement longs à charger, à changer, la moindre modification de sabre ou pire encore, de tenue – car oui vous avez différentes tenues- prend des plombes et vous dégoutera même d’affiner Galen à votre style de jeu ou à vos goûts qui seront désormais à considérer comme un luxe. Non, vraiment, le gros point noir du jeu réside ici à mon sens.

 

Heureusement, le reste du jeu sauve largement la mise. Graphiquement à la fois magnifique et propre, parfois classiques (station spatiale) parfois dans des environnements peu visités (Felucia) voire originaux (un temple Jedi dans une décharge géante ?), l’effet de défouloir marche très bien et on trouve toujours du plaisir à éliminer de toutes les façons possibles les fous qui nous font face. Eclairs de Force, empalement au sabre, jet dans le vide ou dans une barrière-laser, container dans la tronche, le choix est vôtre, et ce pour une durée de jeu correcte. Des adversaires sont ressortis du placard ou inventés à l’occasion pour vous permettre de varier les vices ou vous apporter un peu de challenge et de Quick-Time-Event jamais contraignants. On trouve moins de fun dans les phases de plate-forme dû à la gestion assez fragile des sauts, on appréciera l’utilisation d’un dash en plein vol pour s’assurer de notre descente. Les associations de pouvoir sont bien vues, les boss répondent à une méthode simple de pattern à comprendre ou de mécanisme à déclencher, la difficulté est réglable et bien dosée, et tant qu’on ne la pousse pas au maximum on a un sentiment de toute puissance à la fois grotesque, démesuré et jouissif. A plus haute difficulté il va falloir commencer à réfléchir avant de rentrer dans le tas, ou bien assurer ses combos au sabre. Et pendant que l’histoire s’enchaîne, entre deux mêlées brutales et complètement bordéliques, les trahisons ne sont pas surprenantes mais on ressent une réelle empathie envers Galen dont le craquage contre ses anciens maîtres arrive au bon moment. Et, quand même, c’est évidemment farfelu mais bouger un destroyer stellaire avec la Force, ça reste un délire funky. L’exagération est l’essence même de ce jeu, le parti-pris est définitivement de se lâcher sans contrainte.

 

Un petit mot sur l’assaut final, ou l’on choisi la fin que l’on désire. Un autre reproche de fans, qui se scarifient à l’idée de vaincre Vador. Cela révèle bien un tournant de notre loisir vidéo-ludique qui permet un aspect narratif lorgnant de plus en plus les standard cinématographiques et donc jugés comme tels. Encore une fois je suis plus pondéré : il s’agit d’un jeu vidéo construit à l’ancienne, il faut donc un boss de fin digne de ce nom, et la logique pure et dure du scénario alternatif proposé par les auteurs impose cet affrontement qu’on doit remporter – ça n’est jamais satisfaisant de finir un jeu sur… un échec. En outre, il s’agit encore une fois d’un jeu vidéo : cela aurait-il choqué quelqu’un de tuer Dark Vador sur un jeu 8 ou 16 bits ?

 

Pour peu que vous ayez attendus ou que vous aimiez télécharger vous avez aussi accès à deux nouveaux environnements complètements bonus et faisant suite directe à l’une des fins possibles du jeu. Sur Tatooine dans le palais de Jabba ou sur Hoth à l’attaque de la base secrète rebelle, que se serait-il passé si vous étiez effectivement le remplaçant de Vador ? Vous sortiriez une tenue casqué qui, pour le coup d’ailleurs, pue la classe ? Oh ben oui, et vous mettriez une fessée à Luke pour la peine. Il le mérite, il est blond après tout.

 

Galen05Vador fait peur aux enfants wookies.

 

En somme, ce Star Wars est un bon jeu qui aurait pu être excellent. Ce manquement de l’excellence est probablement ce qui a frustré les fans qui espéraient tant d’une œuvre au tel potentiel, une excitation anticipé et exacerbée exagérément  par les équipes publicitaires de LucasArt. Du coup, plutôt que d’être présenté comme ce qu’il est, à savoir un bon jeu, il a été annoncé comme la nouvelle perle rare du monde de la galaxie fort lointaine et par conséquent reçu avec des attentes bien trop importantes pour ce qu’il propose, d’où une lourde déception de beaucoup. Pourtant indéniablement, les qualités sont là, et pour peu que l’on ne prenne pas ce jeu au pied de la lettre, ce qu’il ne prétend pas, on passe un bon moment et on revisitera toujours plusieurs fois nos environnements préférés pour  perpétuer le carnage.

 

Une simplicité d’action et d’esprit pour un succès au moins médiatique, que LucasArt assumera plus encore dans la suite de l’opus, qui a le même titre avec un petit « II » à la fin. Sauf qu’à trop vouloir simplifier, les célèbres studios ont carrément réalisés une contre-performance…

 

PS : C'est le 100e article, c'est cool ou pas ?

Rédigé par Youe

Publié dans #Ludus

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raspy 04/12/2010 13:13


Les gros défauts du jeu n'ont rien à voir avec l'interface. Entre le deuxième boss du jeu, imbattable (dans les deux diff les plus élevé) si tu n'as pas XP en boucle le premier niveau, les chiés de
mobs qui te tombent sur le rable sans pouvoir faire grand chose à moins de les pull un par un ou d'y aller façon spartiate; le level design foireux passé la première incursion sur felucia...
Sans parler de la faiblesse relative du sabre, de la sur-puissance de certaines combo, des duels de jedi pas terribles et "réaliste" puisque le système de jeu ne s'occupe presque que des pouvoirs
de la force.
Le plus bizarre en fait, c'est que la sensation de puissance au commande de l'apprenti decroit très vite dans les premiers niveaux passé l'usine de TIE ou les mobs sont clairement de la chair à
canon, pour arriver à des passages insane (la salle des module de secours de la fregate médicale : 0 strats, faut foncer dans le tas en espérant que ça passe), puis ensuite on en arrive a une
puissance démesuré face au plus redoutables des ennemis (les dark trooper conduisent très bien les éclairs sith).

Non, franchement, les loading c'est pas le pire (de toute façon même sur Xbox il y a des problème de leak... si si).

Reste que SW:FU1 est un jeu très prenant et plaisant, que franchement il y a pas mal de passages vraiment chouettes, mais passé la première partie du jeu ou tout est nouveaux et beau, on retombe
dans du recyclage de level, sans variation des ennemis.
v

Alors, ok on peut faire pas mal de reproche identique à, au pif, bayonnetta ; mais c'est star wars merde !


Youe 04/12/2010 13:28



Ah, si, pour moi les temps de chargement sont une grosse épine, c'est même carrément le truc qui me rebute à ré-installer le jeu. Le problème de sabre que tu évoques je l'ai pas vraiment ressenti
mais bon de toute façon c'est Star Wars : Le Pouvoir de la Force, pas Star Wars : Sabrolaser Mastaz, on peut pas leur en vouloir de s'être concentrés sur les pouvoirs purs, c'était le but.


Sinon, quand même, je me permet un petit "lol" (en minuscule) à la phrase "duel de Jedi pas réaliste". Sisi, j'insiste.


EN fait la plupart des tes critiques moi je les ai ressenties sur le deuxième opus parce qu'elles sont tellement plus flragrantes que dans celui-là...