Video Game Live, une semaine After

Publié le 23 Décembre 2010

Attention article sportif car écrit en plusieurs fois sur un ordinateur qui pue à la limite du capable de charger des pages internet ! D'avance, joyeux Noël, et bonne nouvelle année avec toutes les bonnes résolutions qu'on ne tient évidemment pas - du coup évitez les traditionelles pertes ou prises de poids, mises au sport, et autres bonnes conduites et soyez originaux, par exemple prenez la résolution d'arrêter de dire "Arnaud Lemaire" !

 

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La semaine passée donc, concert de jeux vidéos, le Video Game Live. Pour ceux qui ignorent ce dont il s'agit, récapitulons rapidement le concept : des mélodies cultes de grandes séries de jeux vidéos - pensez Castlevania, Mario, Magaman, Sonic, Heroes of Might and Magic, Blizzard Entertainment - réorchestrées via des vrais instruments - d'ailleurs, j'étais fasciné par la grande harpe pendant la moitié du concert - pour donner des reprises symphoniques plutôt très agréables pour nos oreilles. Un concept né américain mais dont le succès dans les différentes villes l'a exporté dans le monde -jusqu'en Corée !- avec la désormais traditionelle tournée européenne de fin d'année. Il y a même failli y avoir un VGL à Lyon, ça aurait été l'extase, mais pas pour cette fois. Rumeurs à l'an prochain...

 

On parle de concert mais c'est un véritable mini sons et lumières puisque trois écran géants dominaient le Palais des Congrès et diffusaient pour chaque morceau des images du jeu concerné, l'occasion de se revoir quelques roulades de Link quand passe le medley de Zelda. Un visuel parfois pas bien bien pensé, je songe aux projecteurs blancs clignotants dont j'étais surpris qu'ils ne déclenchent aucune crise d'épilepsie dans le public. 

 

Un public profondément gamo-geek, un petit régal de se retrouver parmi une population aussi ciblée et nombreuse à la fois, entendre ce même engouement nostalgique quand le nom de Chrono Trigger est lancé, ça n'a l'air de rien mais ça fait plaisir, sisi. De même, cet interlude durant lequel trois joueurs volontaires se sont essayés à Frogger : implication tellement forte du public que l'improvisation concertale, censée être le centre d'attention, était inaudible sous les huées que méritaient les deux premiers chanceux et les encouragements que méritait le troisième. On a quand même enregistré les deux pires scores de Frogger depuis la création du Video Game Live, riprizent les mecs !

 

Après une arrivée très à l'arrache dans le bâtiment, vingt minutes après le début du concert - ce qui m'a permis de royalement louper Castlevania, merci le train, va mourrir lentement- c'est parti pour une soirée vraiment trop courte à enchaîner références sur références et bonheur auditif. Concrètement, tout repose sur l'alternance entre les parties du concert lui-même et les petites entractes prévues pour diversifier le show, comme des mélanges improbables de jeu vidéo -Contra et Duck Hunt, ahah- le tout articulé par Tommy Tallarico, co-fondateur du projet et lui-même ancien compositeur de musique de jeu vidéo. Le bon vieux Tommy ne parle qu'anglais et a un humour de geek, ce qui donne la formidable impression d'être dans une sorte de vidéo vivante. 

 

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Laura Intravia, à la fllûte traversière
sur un medley Zelda à la fois très
personnel et très fidèle au jeu. 


Cette édition parisienne du VGL fut sous le signe de l'expérimentation. De l'avoeu même de Tommy, plusieurs passages plus ou moins réussis étaient les premiers sur la scène. On a ainsi eu droit à la découverte exclusive d'une musique de Heroes of Might and Magic 6, un thème rappelant un peu la piraterie et dans l'esprit des musiques du cinquième opus qui déjà proposait une bande-son absolument magnifique. A coté de cela, une musique de Medal of Honor passant sur des images d'archives de la seconde guerre mondiale. Du point de vue experimental l'idée est là, mais le coté "instrumentalisation de la souffrance humaine au service du show" laisse un arrière-gout malsain à la chose, surtout de la part d'une musique d'un jeu trèèèèèèès américain avec une vision trèèèèèès américaine de la guerre. 

 

Après quelques musiques et la prestation amatrice sur scène d'une Link réussie - tout les amateurs invités ont eu droit à leur standing ovation, c'est classe, c'est bien- entracte. L'occasion de noter une implication jusqu'aux moindres détails des organisateurs puisque la durée de l'entracte était symbolisée par une barre... de chargement. Pendant l'entracte nous sommes sortis pour respirer un peu. Nous avons pu découvrir un peu les quelques stands, avoir un premier lien visuel avec l'association de rétro-gaming MO5 qui avait mis à disposition des Atari et des Megadrive. Un stand Marcus... sans Marcus. Une démonstration de Guitar Heroes dans le coin. Et, fidèle à eux-même, le stand Game One qui... vendait les boissons. Rien de très folichon donc. On retourne donc vite à nos places, juste à coté du carré central.

 

Le Video Game Live a cette particularité d'interpeller le public sur plusieurs niveaux différents. Bien sûr, le plaisir immense de redécouvrir des musiques qui nous ont fait fantasmer pad en main. Super Mario Bros, Street Fighter 2, One Winged Angel, mais il y a aussi cet esprit ultra convivial d'expliquer telle ou telle référence, de faire partager ses souvenirs entre deux morceaux, voire de participer en guise de choeur à la mélodie.

 

Un petit paradis de gamer qui aurait été parfait siiiiiii il n'y avait pas quelques moments "euh what da fuck ?". Par exemple, l'apparition vidéo de Alexei Pajitnov, créateur du jeu Tetris, théâtralement suivie de... la musique de Mass Effect. Wat ? Aussi, l'annonce de trois musique de jeux Blizzard... pour oublier la licence Starcraft. Nous étions à deux doigt d'une attaque terroriste pour une faute aussi grave, surtout si c'est pour nous remettre un ééééénième thème principal même pas remanié de World of Warcraft qui s'est fait fortement hué à trèèèèèèès juste titre. Tu as fait signe de ne pas comprendre, Tommy, mais tu le méritais très, très fort ! On n'aime pas trop la facilité facile, de par chez nous ! Aussi, même si je critique mais en comprenant le choix de jeux certes à succès mais véritablement trop réçents - Mass Effects et Biochock en première ligne- là où j'ai vraiment pas compris c'est les loooooongues minutes consacrées aux musiques... d'Advent Rising. Ca ne vous dit rien ? A 98% du public non plus, et Tommy a prévenu lui-même que ce jeu était inconnu du public faute à un bide commercial. L'intérêt d'y consacrer non pas une, pas deux, mais trois mélodies alors ? L'intérêt musical ? Non car ces musiques ressemblaient à celles de Mass Effects et Bioshoc, à savoir des musiques déjà initialement orchestrées dans leur version "jeu vidéo", et pour le coup complètement oubliables - et oubliées. En outre, si la musique de Might and Magic était vraiment magnifique, je ne voyais pas trop l'intérêt de l'ersatz d'interview... du producteur de la série. Le directeur artistique de la bande-son, j'aurais compris, mais là le type était là pour faire sa promotion. Si cela est fréquent aux Etats-Unis, mélanger culture pure et marchandising est encore mal perçu en France. D'ailleurs l'homme lui-même ne semblait pas trop savoir ce qu'il faisait là.

 

Ces moments un peu désagréables, que j'ai un peu trop développés car ils étaient rarissimes, n'entâchaient en rien la qualité des prestation aussi bien professionelles qu'amateur, et ce mélange d'adrénaline et de nostalgie dans cet élan de joie partagé avec les centaines d'autres personnes reste un souvenir exceptionnel. Un souvenir qui se terminera en grande pompe par "Still Alive", chantée par le public, avec la jaquette de Duke Nukem forever insérée subtilement au moment du "we're releasing on time". Je pensais pas chanter pendant le concert, raté. Désolé pour le mauvais temps parisien qui a suivi les cinq jours suivants. Ou bien était-ce la musique de Cool Spot, discrète, qui passait pendant que tout le monde s'en allait ?

 

Cinq jours durant lequel j'ai pu faire mon touriste provincial comme il se doit la journée et à faire des marathon Resident Evil la nuit. L'occasion de rencontrer un bloggueur célèbre le temps d'une grosse après-midi où le sieur légume a confirmé tout le bien que je pensais de lui jusqu'à présent. Même si je me suis une fois de plus ridiculisé par mon sens de la recherche directement inspiré des soldats de Metal Gear Solid premier du nom, et par mon sens de l'orientation qui m'a fait confondre Bercy et Bercy-Village, mais c'était sympa j'ai pu arranger les gens qui achetaient des billets et ceux qui en vendaient dans le feutré pour un concert de Lady Gaga qui de toute façon était à priori annulé. Et puis j'ai découvert le cocktail "Maison-Blanche" bien citronné ! Son article concernant le Video Game Live résume très bien ce qui peut être amélioré pour pousser le concept encore plus loin dans la qualité : un travail plus exclusivement porté sur la musique mais aussi sur les images et les vidéos pour renforcer l'effet spectaculaire et plus uniquement pour raviver la flamme mélancolique, et un jeu artistique sur un élément extra-musical - les couleurs oui pourquoi pas ?

 

Zone recherche

 

Tout ça pour passer ensuite la journée entière entre les TGV et les TER pour rentrer dans mon bled d'où je vous souhaite une fois de plus de bonnes fêtes ! A l'année prochaine, gens de bon goûts !

Rédigé par Youe

Publié dans #Ars artis

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Amo 31/12/2010 23:00


Ahlala mais justement Bioshock était une EXCELLENTE chose. J'étais intenable quand a commencé les premières notes tellement l'ost de ce jeu est MAGIQUE pour quiconque a fait le jeu. Par contre pour
Mass Effect, je suis plus en accord, j'ai fait le jeu et j'ai pourtant aucun souvenir du thème. En fait il manquait LE truc oldie qui m'aurait tué. Ca, ou le putain de medley Civilization IV qu'ils
font souvent tourner. Baba Yetu en live, c'est le premier pas vers l'orgasme :P.

Bonne soirée pour moi et dommage de pas t'avoir croisé ! Mais de notre coté aussi on devait courir pour partir de toute façon é_è.


Youe 31/12/2010 23:20



Je continue à pas parfaitement cerner l'intérêt d'orchestrer des musiques ultra-réçentes déjà initialement orchestrées. Comme tu le dis, autant passer l'OST directement. Enfin Bioschock encore
j'ai bien aimé, mais j'aurais cent fois plus préféré, au hasard, un Sonic, un Starcraft (les musiques Terran du premier sont des morceaux de guitare rock magnifiques), ou alors un jeu qui a
marqué et participé à la construction du jeu vidéo (Advent Rising est inconnu et Bioschock date de 2008, waow la nostalgie).



Galoo/Gebow 24/12/2010 00:53


Ouuuh, je l'attendais cet article (je savais que t'y étais et je t'ai même cherché ainsi que les autres thalistes mais non pas trouvé). Et dire que le début me plaisait beaucoup, le même ressenti
que moi, notamment sur cette saleté de WOW qui contamine tout et n'importe quoi (et ellipse le divin Starcraft !) ou encore le Medal of Honnor WTF...

Et puis est alors arrivé le moment de la critique des choix de Mass Effect et Bioshock.

Je veux pas faire mon fanboy mais ces musiques ne peuvent pas être qualifiées d'anecdotique quand on a joué aux jeux. Rapprocher le fait que ce soit orchestral de base avec le fait que ce soit
oubliable me semble un raccourci bien périlleux. J'ai pour ma part vivement apprécié d'écouter un orchestre reprendre une musique vraiment belle (d'ailleurs celle de Mass Effect est de base
électronique, c'était donc un remix). Quant à la musique de Bioshock, elle est unique. Je pense que c'est une question de préférence entre sons 8 bits ou pré-enregistrés, mais ces jeux ont leur
place dans un Video Games Live.

Maintenant, concernant Advent Rising dont j'avais jamais entendu parler... Est-ce qu'on ne peut pas apprécier la musique pour ce qu'elle est ? J'ai beaucoup apprécié et me suis même procuré après
coup l'OST (et le jeu qui est... plus qu'inégal). Bref je trouve qu'on reproche trop (sur le fofo de Thalie aussi d'ailleurs) cet éclectisme et la volonté de mêler du culte avec de la découverte.
Et qu'on tape un peu trop sur Tommy Tallarico mais bon ça à la limite je peux comprendre.

J'aurais juste voulu entendre du Sonic et un panel plus large de musiques de Final Fantasy...

Et la musique de Heroes en avant-première c'était purement de la lèche commerciale et ça bon ça passe mal.

Et en guise de réponse/question : tu penses y retourner l'année prochaine ?


Youe 24/12/2010 12:24



C'est ma faute j'avais bien vu que la phrase prêtait à confusion mais j'ai préféré publier l'article avant que le PC ne me crash à la figure. Non, quand je parle de musiques oubliables, je parle
de celles d'Advent Rising et pas des deux autres opus. Alors la découverte, pourquoi pas je suis pour, mais pas sur quinze putain de minutes (enfin j'exagère peut-être, mais trois medley
consacrés à la gloire de la découverte, je dis non, non, non). Quitte à lancer un jeu à bide commercial, autant en choisir un qui a une identité musicale forte comme Outcast. Les musiques
d'Advent Rising m'ont semblées sortir d'une bande-annonce cinématographique (mais ça c'est personal-taste). My bad j'aurais du ne pas avoir la flemme de reformuler.


 


Apprécier la musique pour ce qu'elle est, non, c'est pas le but et clairement ça marche pas en tout cas. L'intérêt du show c'est de jouer aussi avec la nostalgie des gamers en surfant sur leurs
propres souvenirs de parties et leur propre appropriation du jeu à travers les musiques et mélodies. 


 


Pour Heroes je suis sûr que ça viendrait pas d'Ubisoft personne aurait tiqué (d'ailleurs personne dit rien concernant Diablo III). Moi j'ai adoré, la série des Heroes a toujours proposé des
bandes-sons de ouf pour un RTS au tour par tour, les musiques du cinquième opus étaient fantastiques et celle qu'on nous a joué était dans la lignée de la tradition. Ce qui était de trop c'était
le producteur qui panait que dalle à la musique et préférait avancer ses arguments de vente habituellement servis à JV.COM ou Joystic.


 


Mais bon comme dit dans l'article ça change rien au fait que ce soit un excellent show, d'ailleurs j'ai autant ragé d'avoir loupé Castlevania que j'ai ragé que le concert ne dure pas une heure de
plus ! Et l'an prochain si je peux j'y retourne sans hésiter, mais je pense que ça dépendra moyennement de ma volonté.



N.Dufour 23/12/2010 21:04


Et pas un mot sur ta rencontre avec Lisa je suis déçu déçu !


Youe 24/12/2010 12:24



Encore trop d'implication émotionelle !